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Chapitre II. Où un muet fait faire à un boiteux le tour du propriétaire (1/2)

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Botté, engoncé dans sa culotte et son pourpoint noirs, visage tout juste dessiné sous son bonnet à visière, l’officier de l’ordre ne faisait qu’un avec l’obscur couloir. L’autre spectre qui approchait le dépassait d’une tête. De celui-ci, l’éclat des chandelles détachait la longue souquenille informe jadis blanche, qui à force d’encrassement alternait désormais entre la coquille d’œuf et la cendre.

Hyriel n’eut que faire du surveillant, mais ce pensionnaire à la grande taille lui sembla plus amène. Sa démarche décidée lui parut un défi jeté à la face de l’Hôpital. Comme si lui, enfermé, était maître et le gardien, un pion. Ledit maître arborait un 93 cousu à son côté, une ardoise pendant sur son large buste bâti en V, et une étoffe en toile jaunie qui lui couvrait le bas du visage. Hyriel ne s’y attarda pas, conscient que la curiosité insistante pouvait blesser. Autant s’arrêter plutôt sur ses yeux : grands, d’un vert profond qui tranchait avec la grisaille du lieu, pris en étau entre le tissu et une abondante chevelure châtain. Leur vigueur perçait.

Les iris de l’homme à l’ardoise luisaient, revivifiés par l’abandon temporaire de ses tâches pour s’embarquer dans un tour de l’Hôpital avec le nouveau correctionnaire. C’était toujours ça de différent, d’un peu libérateur au milieu de la routine, quand bien même cela signifiait qu’un énième corniaud rejoignait cette fourrière. L’officier lui pointa le 251.

— Tu lui fais faire le tour de l’établissement. Pis tu l’amènes à la buanderie.

Le masqué frappa du talon et se mit au garde-à-vous, poing serré autour d’une lance fictive ; sa façon bien à lui d’accepter sa mission. Théa se pinça la lèvre et dévia ses pupilles rieuses. Le surveillant, pour sa part, décocha sur le drôle cet air de pitié et de lassitude mêlées, réservé à un idiot perdu de longue date dans son monde imaginaire. Hyriel eut un tressautement d’épaules étonné. Cet extravagant avait-il été saltimbanque avant d’échouer ici ?

Quand le gardien retourna se fondre dans le noir du corridor, Théa bondit vers la grande perche à l’ardoise pour lui donner une insistante étreinte. Les yeux du masqué s’étirèrent, ses joues se gonflèrent de contentement. Il referma ses bras robustes dans le dos de la camarade, sous le regard surpris d’Hyriel qui se fit oublier afin de les laisser profiter de ce moment sûrement trop rare.

Alors que Théa serrait son ami, celui-ci détailla le nouveau. Son demi-visage se crispa quand ses yeux rencontrèrent ceux, tout bleus, du 251. Et ses cheveux où il vit pointer des cornes ! Si le guide n’avait pas eu la petite femme accrochée à sa taille, il aurait reculé et se serait signé. De quel maléfice venait telle anomalie ? Mais il se raisonna : lui-même savait combien son allure pouvait effrayer. Et puis ces prunelles feraient toujours deux nouvelles taches de couleur dans son univers de crasse. L’homme à l’ardoise se décida donc à enjamber sa peur pour saluer le béquilleux.

En parcourant sa figure hâlée, le masqué fut saisi d’une rude pensée : ce visage aux traits forts, joliment dessiné malgré de profonds cernes, avec ses pommettes saillantes et ses lèvres aux courbes ciselées sous une fine moustache, allait insidieusement s’émacier au fil des mois.

Une tout autre préoccupation mobilisait Théa. Elle lâcha son camarade et alla offrir une étreinte semblable à Hyriel afin qu’il ne fût pas jaloux ! Le sorcier cilla de surprise, grimaça quand ses blessures encore fraîches se rouvrirent sous cette pression. L’étrange égarée ne pensait pas à mal, il le voyait. Il prit donc sur lui de ne pas la repousser et rendit l’embrassade. Ne lui resta plus qu’à s’accoutumer à l’incongruité de cette tendresse intrusive, jusqu’à ce qu’enfin Théa s’écartât.

Le muet prit en main son ardoise, puis une craie dans la poche de sa guenille. Avant même qu’il n’eût à écrire, la voix nasillarde et chantonnante de la petite femme le devança :

— Lui, c’est Estienne. Et lui, c’est Hyriel. Il a dit que j’avais un beau sourire.

Estienne approuva de la tête, enthousiaste devant le bonheur que le 251 inspirait à sa jeune amie. Bigre, comme il l’avait enchantée ! Rien que pour cela, il adressa une mine reconnaissante à Hyriel. Ce nouvel arrivant était donc du genre à tenter de faire oublier où ils se trouvaient. À la guerre cœur vaillant. Sous les lointains regards inquiets des autres enfermés qui hantaient le coin – et ralentissaient à la tâche devant cette scène curieuse – Théa redoubla d’allant en pointant le muet :

— Il connaît tout l’monde ! Et il fait bien les visites.

— À la bonne heure ! Me voilà entre les meilleures mains. Salut Estienne.

Celui-ci aima la voix chaude, sûre, qui venait de s’élever. La gent d’Oc l’avait musicale, mais rarement à ce point. Ses R vibraient comme cordes en trémolo. Ses intonations chantaient avec rythme. Pour première réponse, Estienne ronronna d’un entrain qu’Hyriel cependant ne partagea pas, devinant ce qui dysfonctionnait sous le masque de toile. Le souvenir des mâchoires brisées et des gorges endommagées par quelque gourdin de brigand lui fit plutôt serrer les dents. Tristement banal dans la liste des maux qu’il pansait au-dehors. Coups de craie à l’ardoise :

& THÉA FAIT BON ACCUEIL

IE VOY ! (DIS-LUY)

SALUT IRIEL

Les mains d’Estienne hésitèrent à exposer le message : le moment redouté arrivait, comme à chaque rencontre. Le 251 savait-il lire ? Si souvent, Estienne devait ramer à mimer, avec le risque d’être surpris et puni par un officier. Hyriel toutefois sourit à Théa.

— Notre ami constate que tu fais très bien l’accueil et je ne peux qu’être d’accord !

— Merci, merci ! J’espère que j’pourrai recommencer alors !

Alors qu’elle agitait les mains, Hyriel se raccrocha aux pommettes d’Estienne, gonflées d’un bonheur qu’il comprit : les occasions de pouvoir être lu arrivaient trop rarement pour lui.

— Qu’est-ce qui se passe ici ? aboya un gardien surgi à l’angle du corridor.

L’enthousiasme s’envola et les sautillements de la petite femme cessèrent. Elle mordilla sa lèvre. Elle avait été sage. Elle avait fini son travail. Alors ça irait. Le molosse inspecta.

— T’as terminé ? Rejoins la cuisine. Préparation de la soupe.

Estienne, pour l’encourager, frotta son ventre. Théa pressa le pas dans le sillage de l’agent après un « à plus tard ! » signé. Hyriel, lui, s’apprêta à clopiner aux côtés du guide.

— Je suis tout à toi pour la visite. En tant que joyeux arrivant innocent.

Un soupçon de malice colora son sourire. Estienne rit – ou plutôt on entendit tressauter sa glotte derrière le tissu qui gonflait tel un ballon. Par ces badineries, tous deux s’armaient afin d’affronter le lugubre voyage le long d’un sol béant, qui recevait à peine la lueur des chandelles. On avançait sur un trou noir. Estienne pria : que le camarade ne fût pas avalé, qu’il gagnât chaque jour contre la gueule ouverte du monstre Hôpital. Il l’invita à le suivre d’une main à sa taille marquée, et l’autre bras tendu valant un « Mon caporal, mon général ou mon ce-que-vous-voulez, en avant, marche ! ». La recrue claqua des talons et inclina sèchement la tête, en soldat disposé à lui emboîter le pas – et plus disposé encore à chercher, au gré de leur trajet, la moindre faille susceptible de servir la tentation qui chatouillait déjà son esprit : celle de s’évader.

L’énergique guide se mit au rythme lent des béquilles d’Hyriel, qui en fut reconnaissant. Estienne souhaita juste qu’un gaffe* n’eût pas la bêtise de leur reprocher du retard. Il guetta les environs et se décida enfin à rompre le silence, dégainant sa craie près d’une rangée de chandelles.

C’EST RARE ICY CEUX QUI

SAVENT LIRE. I’ESPÈRE QUE T’AS

LA VOCATION DE VICAIRE ?

Regard admiratif appuyant sa première phrase. Puis sourcillement ironique.

— Vicaire pour transmettre ta sainte parole ?

Estienne ne s’y attendait pas, à celle-là ! Nouveau tressautement guttural. Il recula, apeuré par cette plaisanterie au seuil du blasphème. Une remarque de cette teneur risquait de leur coûter au bas mot la ration du soir. Il n’eut toutefois pas le cœur à rabrouer le 251 à peine débarqué et se borna à espérer qu’il sût mesure garder ! Estienne parodia, battant de la main vers son visage, un geste de fausse modestie empruntée auquel Hyriel souffla de rire, rassuré : son guide n’était pas un de ces froids dévots. À la bonne heure ! Au moins pourrait-il s’offrir du répit avec lui. Il déchanta cependant au véritable motif :

PENDANT LES REPAS Y

FONT LIRE DES PRIÈRES

À TOUR DE RÔLE

— Ah, Sa sainte parole. J’imagine que je m’y ferai…

La piété n’était pas au rendez-vous, ni la gaîté de cœur à la perspective de ces dévotions : Estienne le comprenait et à dire vrai, il se demandait lui-même dans ses pires moments s’il ne croyait pas en Dieu juste par principe. Parce que c’était communément admis, parce que ça évitait de s’attirer des ennuis. À mesure qu’il avait traversé les déboires, puis qu’il s’était usé au fil de dix longues années dans ce trou, le concept d’un être veillant au meilleur des mondes possibles s’était pris, comme lui, un sacré coup au museau. Pourtant, souvent il voulait avoir la foi et trouvait belle l’idée de Dieu. Et certaines histoires de la Bible. D’autres jours, il n’y arrivait pas et laissait aux croyants l’héroïsme de croire – Estienne enviait ceux qui y parvenaient en ce terrestre enfer.

— Je lirai ta parole aussi, si tu veux.

Le 93 hocha du chef. Ce serait parfait avec les camarades illettrés ! Hyriel se pencha soudain vers lui, l’œil sabré d’une lueur mutine, pour chuchoter :

— Elle sera sans doute plus éclairante.

Le muet, apeuré, s’assura de l’absence de gardien aux environs, ou d’oreilles dans les froissements du mur. 251 serait-il donc insensé à ce point, et reclus à cause de propos si diablement imprudents tenus en public ? Il redouta de devoir se trimballer ce déséquilibré.

BONTÉ DIVINE

MON FILS

SI ON T’ENTENDOYT !

Et il se signa comme une nonne outrée. Hyriel dut se retenir de rire. En compagnie de ce mime, l’Hôpital lui semblait finalement moins terrible que les geôles de La Barthe. Après ces derniers jours passés habillé de chaînes, logé dans un cachot puant – quand il n’était pas brisé, brûlé, étouffé par les fers de la Question –, le simple fait de se mouvoir et de parler à peu près à sa guise représentait la plus agréable des libertés. Et il comptait bien en jouir, de cette sensation de délivrance, sans imaginer un instant que ce ne fût qu’une brume autour de nouveaux dangers.

¤

Ils affrontèrent un couloir aussi lépreux que les précédents. Le long de ce boyau, rugueux à l’oreille comme au toucher, deux fenêtres à barreaux clignaient sur un dortoir. Femmes à gauche, hommes à droite. D’une troisième entrée toujours à droite, tonnaient frappes et cris décuplés par la gorge de l’Hôpital. Un tintement de fers apprit à Hyriel que ces malheureux étaient enchaînés. Clic clic clic… Il blêmit. Ce son insidieux, il ne le connaissait que trop intimement. Trop douloureusement. Ce bruit l’avait grignoté jusqu’aux os durant ses longues semaines en prison. Son souffle se précipita sous le regard inquiet d’Estienne. Clic clic clic… Hyriel inspira jusqu’à se forger une épaisse armure d’impassibilité.

Dans un pli de paupières, il chassa les ombres des entraves accrochées aux murs, serrées autour de ses poignets blessés. Il déglutit quand s’éleva une odeur d’excrément, se tendit au grognement d’un aliéné – sur fond ininterrompu de gémissements pâteux. Son souffle sonore se mêla à celui que poussait une fissure au-dessus de la porte des fous. Hyriel sursauta en rencontrant, au sein d’une autre blessure de pierre, une pupille observatrice qui roulait. D’un claquement de béquilles, il se rapprocha d’Estienne. Celui-ci avançait courbé, grave, impuissant.

Ils se retournèrent du côté sains d’esprit. De corps, c’était une autre affaire : estropiés et souffreteux croupissaient sur les lits d’une quatrième pièce, au flanc gauche du boyau. Bal de membres bandés, tordus, de gueules enroulées dans de vieilles écharpes, de béquilles contre le mur. Les tripes d’Hyriel se nouèrent au spectacle de ces ombres au travail. Les mains élimées cousaient. Raccommodaient. Détricotaient de miteux morceaux de tissu pour en recycler le fil. Hyriel, yeux baissés, ne dit rien. Seules ses cannes frappant le sol marquaient son passage. De rares téméraires se redressaient de curiosité, mais pour mieux replonger vers leur tâche avant que n’aboyât un garde.

Hyriel, pour s’empêcher de flancher, se rappela la promesse qu’il s’était faite. Scruter l’endroit. Questionner ses failles. Mais dans ces dortoirs putrides, nulle ouverture – ou trop maigre en hauteur – n’offrait d’accès au-dehors. Les murs, certes pourris, n’étaient pas assez usés afin qu’on y creusât la route d’une évasion. Demeuraient ces portes et serrures, susceptibles d’être brisées à coups de grabat… cependant c’était oublier l’omniprésente gent bottée et ses matraques. Une boule dans la gorge, Hyriel ravala sa frustration.

Soudain, un claquement. Quelque chose roula. Un mouvement : la main bleutée d’une femme tentait de récupérer sa fusette partie sous son lit. Le surveillant qui circulait le long de l’armée de têtes penchées se courba pour ramasser la bobine, puis vint la lui rendre. L’enfermée le remercia dans un nuage de froid quittant ses lèvres, mais l’attention du sieur en uniforme s’était déjà accrochée au 251. À son crâne cornu, à ses yeux du Malin. Le visage de l’agent se ferma. Il reprit sa ronde, tout comme Hyriel sa marche aux côtés du guide avant d’attirer d’autres regards.

Les deux hommes s’engagèrent dans une autre allée. Et une autre. Interchangeables, sordides. Égrenés le long de leur route, des gardes ne manquèrent pas de guetter le bon et preste déroulé de la visite : efficace, peu bavarde – avec le 93 cela ne risquait pas trop, quoiqu’il restât l’ardoise. Au moins, cette fois, un chefaillon ne la lui confisqua pas.

À mi-chemin du cinquième corridor, soucieux de renouer la conversation, Estienne choisit en ancre de secours le sujet sur lequel ils avaient trouvé à plaisanter un peu plus tôt – faute de mieux pour le moment. Il se rapprocha d’un chandelier et présenta avec une moue boudeuse :

MOY AUSSI POURTANT IE SAIS LIRE,

& ON M’A IAMAIS DEMANDÉ POUR

LES PRIÈRES – C’EST VEXANT

L’œil facétieux, Estienne s’imagina les mimer, leurs fichues litanies de repentir. Cela aurait le mérite de faire un brin de divertissement. Hyriel feignit un air d’incompréhension indignée.

— Vraiment, ce n’est pas très gentil. Je prierai pour deux, si tu veux !

Rieur, Estienne déclina la généreuse proposition de ses mains secouées devant lui.

IE M’EN VOUDROYS DE

T’INFLIGER DOUBLE PEINE

Croyant ou pas, de belles prières, Estienne en avait entendues. Des psaumes aux jolies images qui restaient à l’âme avec quelque chose d’une musique. Et même des parfums. On en disait lors de fêtes dans son village, lors des travaux d’été ou aux veillées… voire avant une bataille. Mais les bondieuseries d’ici ! De la pénitence à tout crin, des recommandations de Sa Très Gracieuse Majesté à la sainte garde de Dieu, du repentir à ne plus savoir qu’en foutre !

— Oh. Dans ce cas, je me garderai du péché de te faire culpabiliser, souffla Hyriel, curieux tout de même de découvrir la tête desdites prières.

PAR CONTRE IE SUY TRÈS DEMANDÉ

POUR FAIRE VISITER. PARCE QU’ON

PARLE PAS À UN MUET

Les enfermés illettrés peinaient à entretenir avec lui un échange dépassant quelques gestes. L’infirmité d’Estienne seyait à l’administration : il n’était bon qu’à servir de paire de jambes utile à circuler, de paire de bras utile à ouvrir, fermer, pointer… lui qui rêvait d’apprendre une langue signée dont la codification se diffuserait entre muets et même auprès des parlants. Se pourrait-il qu’un clerc érudit y pensât dans un futur proche ?

— Continuez tous les deux, pas le temps de niaiser ! grogna un garde depuis son poste.

L’œil méfiant du gaffe, dardé sur l’ardoise blanchie, ramena le 93 au présent. Hyriel craignit ce qu’en déduirait l’officier : que, puisqu’il savait lire, il pourrait assurer certaines prières ? Ses questions n’eurent le temps d’aller plus loin : l’ombre d’Estienne, sur la cloison… Il la fixa, stupéfait. Comme le masqué s’était remis, devant le garde, à simuler le benêt avec son trot de chevalier imaginaire, cette ombre folle se détachait de lui, cabrée, une lance tordue pointée en avant ! Hyriel plissa les paupières. En les rouvrant, il voulut se convaincre d’avoir déliré… Mais alors pourquoi le surveillant s’était-il enfui sans demander son reste ? Bouche entrouverte, le 251 chercha le regard de son guide. Au penaud haussement d’épaules de ce dernier, il comprit que lui-même n’avait pas vraiment maîtrisé ce qui venait de se produire. Allons bon, songea Hyriel, d’autres que lui se traînaient donc ici une apparence faiseuse de tours.

Il préféra penser à autre chose. Revenir à plus concret, alors que leurs pas faisaient grincer le parquet de l’aile suivante. Hyriel se rattacha à son espoir d’évasion : ces clefs aperçues à la ceinture des surveillants… Un jour, oui, il volerait un trousseau.

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* Argot. Attesté en 1455. « Gardien de prison ; sergent ».

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