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6 - La chasse

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Par Lily

Nous avions quitté le territoire des cavités rocheuses et ses nombreuses sources. Armand avait assuré que l’étrange phénomène cyclique n’aurait plus cours une fois la terre revenue sous nos pieds : il avait dit vrai. La brume était toujours présente, mais elle s’était réduite à de légers filaments qui se contentaient de s’enrouler autour des chevilles. L’état crépusculaire demeurait, brouillant les formes autour de nous.

— Ne serait-ce pas plus malin d’avancer plus vite ? chuchota Blondie.

— Luce boite, fit délicatement observer Warner.

La jeune femme ne cessait de frotter ses mains aux ongles peints sur le bas de sa courte robe.

— Je l’ai remarqué… mais si se calquer sur son rythme nous met tous en danger… et bien, peut-être devrions-nous nous séparer. D’ailleurs, nous l’avons déjà fait une fois. Je suis sûre qu’elle le comprend.

Je grinçai des dents.

Mais pars donc toute seule de ton côté Miss J’ai-été-portée-presque-tout-le-temps-et-je-n’ai-aucune-égratignure.

Blondie n’avait même pas pris la peine de me parler directement. Par ailleurs, je n’avais plus envie d’avancer seule ; j’étais trop éprouvée - dans ma tête, mon corps. Leur compagnie béquillait mon courage fissuré. Le costaud et gentil Armand prit la parole, ce dont je lui fus reconnaissante car je ne voyais pas comment me dépêtrer de cette invitation à accepter d’être abandonnée pour maximiser leurs chances de survie.

— C’est la deuxième fois que je fais cette portion, crois-moi Eryn, courir vite ne m’a pas aidé. Ces créatures seront toujours plus rapides. Si l’une d’elle te prend en chasse, tu te caches ou tu te défends. Et tu pries pour que les gens du coin te viennent vite en aide.

Il frotta gauchement une de ses grandes mains sur sa nuque aux cheveux emmêlés, l’air penaud.

— Je ne vais pas vous mentir, si je suis revenu si loin en arrière après le raté de ma première tentative, c’était pour être sûr d’être bien oublié par le truc géant que j’ai eu la malchance de croiser…

Je l’entendis pouffer.

— Je fais comme la tortue. Vous savez ? Lentement, mais sûrement.

Je lui souris, mais Warner et Blondie ne réagirent pas, sourds à la référence évoquée - étrange, je pensais cette fable répandue.

— Mais tout de même, l’un de vous pourrait la porter ?

Je rêve, pourquoi elle insiste ?

Armand secoua la tête.

— Je préfère rester libre de mes mouvements. Tu sais ? Si on doit se défendre... Ce n’est pas comme si tu n’arrivais pas du tout à avancer, ajouta-t-il ensuite à mon attention. Je suis désolé, Luce.

— Mais je n’ai rien demandé ! fulminai-je. Bien sûr que ce serait stupide !

Ok. J’aurais pu le dire calmement. J’aurais pu m’abstenir cette deuxième phrase.

— En quoi c’est un problème d’être portée ? se hérissa Blondie d’un ton que je trouvai sec.

Oh misère…

Les filles, dit timidement Warner, si vous en restiez là ?

… Pardon ?

J’écarquillai les yeux d’indignation, étouffée d’injustice. Je n’avais rien demandé, n’avais rien démarré et donc rien fait qui justifiât la moindre remarque. Et je n’avais certainement plus l’âge d’être cataloguée de fille. Néanmoins, je ne rétorquai rien, j’abandonnai mon indignation au silence ; au vu de ce que nous fuyions, cet accrochage était ridicule. Blondie, elle, n’en démordait pas. Dans le calme qui nous entourait, il était difficile de ne pas l’entendre essayer de rallier Warner à sa cause.

— Je sais que ça partait d’un bon sentiment, Eryn, tentait-il de répondre discrètement, mais tu as entendu Armand, personne n’y gagnerait rien. Et puis, je préfère qu’on reste tous ensemble, je me refuse à l’abandonner une nouvelle fois.

On aurait dit un père gourmandant son enfant innocemment déraisonnable. Même cette façon qu’il avait de la regarder en lui parlant… Peut-être avait-il des enfants ? Une fille ? Il était plus âgé, c’était plausible. Ce devait être un père patient et bienveillant, lui. Après cette dernière phrase, Eryn ne dit plus rien. Boudait-elle ? Je ne voyais que son dos. Mais elle s’était bougrement persuadée d’être dans le bon et nous dans l’erreur : lorsque la toute dernière petite pente à gravir fut visible - elle, la ligne bleue serpentant à l’horizontal sur son versant, les hautes flammes du brasier sur le plateau -, elle se posta en tête de notre quatuor et augmenta petit à petit la cadence. Les garçons ne s’en rendirent même pas compte. Je ne dis rien et serrai les dents pour tenir le rythme.

— On a de la chance, chuchota Armand, la voie semble dégagée.

Tandis que l’espoir leur donnait des ailes, ma cheville chauffait et pulsait de plus en plus douloureusement, un fameux écart se creusait entre moi et les trois autres. Cela s’avéra une chance lorsque la Bête surgit devant nous - ou plutôt, quand Blondie réalisa qu’elle marchait résolument à sa rencontre.

L’heure où tous les chats sont gris.

Son pelage nous avait trompé. Cette chose le savait…, elle avait choisi de rester immobile. Elle nous attendait.

Les bras ballants, Eryn resta figée. Warner recula de quelques pas, probablement choqué, comme moi. Ce truc était le plus imposant de tous ceux que j’avais eu la malchance de croiser. Du coin de l’œil, je vis Armand soupeser sa lance. Il n’y avait pas de cachette disponible dans les environs ; je comprenais pourquoi il avait précédemment choisi de fuir en revenant sur ses pas.

— Vise la gorge, lui conseillai-je distinctement.

La Bête me regarda en penchant sa gueule.

Idiote.

Elle revint sur Eryn et la pencha de l’autre côté. Puis elle fit claquer sa mâchoire, deux fois. Blondie s’égosilla dans un long hurlement avant de s’enfuir en courant, loin du danger, loin de nous.

Elle va lui sauter dessus ! Imbécile, zigzague !

Mais le monstre se contenta de la regarder, la tête toujours penchée sur le côté - était-ce de l’amusement dans ses prunelles ? Armand saisit cet instant où la Bête regardait ailleurs et projeta son arme. La lance ne s’enfonça pas. Elle rebondit sur l’épaisse et sombre fourrure pour retomber devant l’une des deux pattes à main humaine.

Elle va la prendre. L’envoyer sur l’un de nous.

Armand se replia vers nous, à reculons.

— Warner, ton crochet, pressa-t-il en tendant une main derrière lui, paume ouverte.

Le brave Warner le lui remis sans une once d’hésitation.

— ELLE EST À MOI ! vociféra soudain une voix connue.

Nous sursautâmes, tous, même la Bête - jusqu’à ce cri, nous ne les avions pas entendu : des locaux accouraient, menés par l’homme au tatouage de couronne dont la rapière fendait les airs dans sa course sauvage. Il accouraient, mais ils n’étaient pas encore , entre elle et nous.

Une minute, une poignée de secondes…

La Bête s’était-elle fait cette même réflexion ? Elle se dressa vivement sur ses pattes, enjamba la lance et nous passa rapidement en revue. Que voyait-elle ? Des plats de menu par-dessus nos têtes effarées ? Armand s’élança en hurlant, prêt à abattre son crochet. Un coup de patte-main griffue l’envoya valdinguer dans la poussière caillouteuse.

Non !

En un regard, je relevai ses paupières closes, son nez barbouillé de sang, l’angle improbable du bras qui n’avait su retenir l’arme… Il ne bougeait plus. Allait-il finir dépiauté ?

Elle s’en fiche de lui.

La Bête ne le regardait même pas. Elle nous fixait.

Non. Elle… me fixe.

Je pliai légèrement les genoux, tassant mon poids dans mes pieds pour gagner en équilibre, en ancrage, comme à mes cours de yoga. Je vis Warner jeter un regard désespéré vers ses mains vides, puis vers les locaux, presque là, pas encore là, hurlant diverses imprécations à l’attention du prédateur - qui n’en avait cure.

Elle sait qu’elle a le temps de sauter.

Warner pivota vers moi, livide, résigné. Il leva les bras au ciel et cria à son tour en se décalant de plusieurs pas sur le côté, cherchant à l’attirer - pour me protéger ?

Elle s’en fiche.

Je la vis tasser son arrière-train, le regard rivé au mien. Je relevai mes coudes, les mains jointes sur le manche de mon couteau. J’allais essayer de le refaire. Je pouvais le refaire.

Elle va sauter.

J’étais seule face à la Bête.

Elle saute.

Je poussai alors un hurlement primal, chargé de tout ce que j’avais accumulé au cours des dernières heures. J’attendis le dernier moment, quand la chaleur qu’elle dégageait irradia ma propre peau. Là, j’avançai d’un pas. Me retenant de fermer les yeux, je visai le large cou et relevai brutalement ma courte lame vers le haut. Nous nous percutâmes. La collision fut brutale. Impossible de savoir si je l’avais blessée, mon cerveau m’envoya juste la sensation d’une chute en arrière et d’un impact violent au dos et sous mon crâne. Puis, tout l’air fut chassé de mes poumons et je ne fus plus que douleurs.

Un liquide chaud se déversa sur moi. Puis il n’y eut plus rien.

****

J’étouffais. J’avais mal. La Bête et son saut me revinrent en mémoire. J’ouvris légèrement les paupières, mais tout était noir.

Je pense… donc… je vis.

La vague de joie céda vite à la panique ; je n’arrivais pas à respirer.

Merde, j’ai mal.

Tout était flou et désorganisé dans ma tête.

Le choc, ma tête, brutal. Je suis blessée ? Je suis en train de mourir ?

J’étouffais, un poids m’oppressait, m’empêchait d’inspirer.

Cette pression…, c’est son corps.

Rien ne bougeait ni ne vibrait autour de moi.

Elle est morte ? J’ai visé juste ?

Mais alors, ce qui me chatouillait les yeux, me rentrait dans la bouche et le nez…

Ses poils.

Et, je le réalisai à présent, ceux-ci conjuguaient avec horreur des notes de charogne et de sang.

Je peux pas rester là !

Je tentai de bouger - énorme erreur. J’émis un impuissant et ridicule gémissement.

Je vais mourir? Comme ça ?

Des larmes amères perlèrent sous mes cils. Soudain, tout le poids qui me comprimait fut arraché vers le ciel. Ma première réaction fut d’inspirer une vive goulée d’air pur, mais je déraillai en quinte de toux qui laissa la place à un ventilation rapide et saccadée.

Ouvre les yeux, calme-toi.

Je me pliai à mon propre conseil et replongeai dans la pesante palette de gris crépusculaires. Une silhouette à la verticale me dévisageait. Je dus cligner plusieurs fois des yeux pour retrouver une vision nette : avec ces lignes torsadées qui lui ceignaient le front et sa barbe noire striée d’argent taillée au cordeau, l’homme qui me surplombait était facilement identifiable.

C’est impossible.

Il n’avait pu soulever ce corps inerte et massif à lui tout seul. Pourtant, il n’y avait personne autour de nous. Je peinais à reprendre le contrôle de ma respiration, mais je trouvai la force de soutenir le regard intrusif de cet homme-roi. Un sourire appréciateur arqua sa bouche aux lèvres fines. Il s’agenouilla puis récupéra un poinçon glissé dans une botte dont il se servit pour m’arracher mon haut sans ménagement. Avant même de penser à réagir, je larmoyai de douleurs.

Mais bordel, qu’est-ce qu’il fout ?

La peur me tétanisa : s’apprêtait-il à m’ouvrir la poitrine pour me manger ?

— Reste calme, pourquoi chercherais-je à te faire du mal ? Ce tissu est simplement trop imbibé de sang non humain.

Son ton laissait entendre que j’étais déraisonnable.

Vraiment ?

Ça lui paraissait normal de m’arracher un vêtement sans mon consentement ? Ce fut plus fort que moi, mon visage n’exprima plus qu’une vive colère. Cela aussi sembla lui plaire.

Ce vieux a un grain.

Quel que soit son état, s’il touchait à mon soutien, je le mordais. Mais il n’en fit rien. À la place, il me tendit la main. Je pris d’abord le temps de faire jouer mes doigts et mes poignets puis roulai sur le côté pour m’appuyer sur un coude. Je le laissai alors me redresser en position assise.

Ow…

Des taches obscurcirent ma vision - vertiges, élancements, nausées… Cependant, je m’empêchai de revenir à ma position allongée ; mon instinct me chuchotait d’éviter de paraitre faible aux yeux de cet homme.

— Bravo, Étrangère.

Sa voix me fit frisonner. Je l’associai au rapt, au bus, à toutes ces horreurs…

— Cet Alpha était presque adulte. Avec ta petite stature et cette maigre condition physique, tu ne peux qu’avoir plusieurs os fracturés.

Il se retourna à demi en agitant la main.

— Tu ne tiendrais pas debout, trancha-t-il.

Il dresse un constat ou quoi ? La compassion, il connait pas ?

Autour de moi, le décor cessait enfin de tanguer. Le cadavre de la Bête gisait à portée de bras… Elle reposait sur un flanc. J’avais tué quelque chose de vivant. Encore.

C’est moi qui ai survécu.

Une telle chose n’arrivait pas pour rien, pas vrai ?

Pourquoi c’est moi que tu as choisie ? Et pas Armand ? Warner ? Ou Blondie ?

Un jeune à la tignasse tressée ornée de perles se matérialisa auprès de nous - je remarquai le petit groupe qui nous observait, en retrait, qu’il venait de quitter pour nous rejoindre. Warner était avec eux. Il me regardait avec inquiétude. Ou était-ce de l’incrédulité ?

— Que puis-je pour vous, mon Roi ?

Mon… Mais non ! Il l’est vraiment !

Je retins au fond de moi un rire hilare et nerveux.

— Cette jeune fille est encore secouée, dit le Roi d’un ton sonnant le reproche. Donnez-lui votre chemise.

Tresses-et-Perles s’empressa de se défaire de ses diverses ceintures et sangles en cuir, délaça une sorte de plastron souple et déboutonna fébrilement une cotte en tissu de maille qu’il tendit à son souverain. Celui-ci la secoua sèchement - sans remercier son propriétaire désormais torse-nu - avant de m’en couvrir les épaules. Sa charité accomplie, il se redressa souplement et inclina la tête à mon intention. Ce fut sec et bref. Une femme se démarqua du groupe.

— À la tueuse d’Alpha ! s’écria-t-elle.

Tous les locaux - le Roi mis à part - levèrent alors un poing en faisant écho à son cri. Je n’eus aucune réaction, sinon les regarder d’un air ébahi.

— Toi, l’Étranger, dit le Roi en désignant Warner, porte-la jusqu’au sommet. Tâche de la débarbouiller quand vous y serez.

Les traits impassibles, mon compagnon d’infortune obtempéra. En moins de deux, j’étais dans ses bras - ce ne fut pas sans mal, quel que soit l’endroit où il plaçait ses mains, je souffrais. La femme qui avait crié rapporta sa rapière au Roi.

— Élite, clama-t-il en la dressant vers les cieux, partons en quête d’autres âmes à sauver !

****

Trois locaux étaient restés pour nous servir d’escorte - ordre du Roi. L’un d’eux surveillait nos arrières tandis que les deux autres portaient Armand, vivant mais toujours inconscient. On avait emmailloté notre géant dans une sorte de toile de hamac elle-même sanglée à un tube d’acier. Ses extrémités, en forme de fourche, reposaient sur les épaules des porteurs.

Warner s’était empressé de me rassurer au sujet d’Eryn : le Roi avait dépêché deux soldats sur ses traces dès qu’il nous avait aperçus - d’ailleurs, c’était ses cris qui les avaient conduits jusqu’à nous. Notre brave chevalier espérait ardemment la retrouver vivante auprès du brasier. Avant qu’il ne la mentionne, je n’avais même pas songé à Blondie…

Pour ma bonne conscience, mieux vaut qu’elle survive, cette enquiquineuse.

D’ailleurs, en parlant conscience…

— Je vois que tu es fatigué. Warner, je suis désolée que tu doives me porter.

— Pas… de… souci, dit-il d’une voix hachée, c’est plutôt moi… qui… dois m’excuser. Je vois bien… que ma… façon de te… tenir… te fait souffrir.

C’était vrai. Mais je le gardai pour moi. Et nous n’étions plus qu’à une trentaine de pas de la ligne bleue. Celle-ci était étonnante, faite d’une épaisse couche de ce qui semblait être de la poussière de craie. Même dans ce crépuscule, sa teinte bleu cobalt tranchait, presque luminescente.

— Vous savez, dit soudainement l’homme au pourpoint orange qui soutenait la partie arrière du corps d’Armand, nous ne pouvons vous faire franchir nous-mêmes la ligne que si vous êtes inconscients. C’est pour cela qu’aucun de nous ne s’est proposé pour vous porter, Mam’zelle.

— Je ne… comprends… pas ce que… ça change, c’est… ridicule, grinça Warner.

Le porteur haussa les épaules.

— Telles sont les règles du Contrat.

Je trouvai cette réponse bien vide… Mais j’étais trop lasse et nauséeuse pour engager un débat. L’autre porteur en ajouta une couche :

— Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Si vous pouviez réaliser le ridicule de votre question... Mais en même temps, pourquoi je m’étonne, vous n’êtes qu’un Étranger encore vide de tout savoir.

— Tu es dur, Solas, répliqua Pourpoint orange. Ils apprendront. Vous verrez, ajouta-t-il à notre attention, quand vous comprendrez ce monde, alors, tout s’éclairera.

Warner me jeta un regard emprunt d’inquiétude. Celle-ci se mua en panique lorsque survint l’appel d’une corne dans la brume. Le son résonna un moment dans l’air humide. Des hurlements lointains lui répondirent - des cris de Bêtes. Juste après, d’autres cris, humains, crevèrent à leur tour la nuit désormais tombée.

— Qu’est-ce qui se passe ? m’affolai-je en croisant le regard de Pourpoint orange.

Celui-ci prit la peine de me rassurer en souriant.

— Pas d’inquiétude pour nous, c’est la note finale du Chant des Brumes ; ça annonce à tous les êtres participants que les derniers Étrangers gravissent la butte finale.

— On court ! hurla brutalement l’homme qui couvrait nos arrières.

Comme si on l’avait électrocuté, Warner m’écrasa contre lui et décolla dans un sprint erratique ! J’enfonçai mes dents dans le haut de mon bras en versant des larmes de douleurs. J’entendis d’autres cris et des alertes, au loin, qui ne nous étaient pas destinées.

— Courez ! Droit devant !

— Vous êtes les derniers !

— Elles remontent toutes sur vous !

— Elles sont là ! Plus vite !

Une brûlure irradia la face interne de mon poignet gauche quand nous franchîmes la ligne bleue. Nous étions sauvés.

Je souhaitai à toutes ces voix dans mon dos d’arriver elles aussi à bon port.

****


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