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25 - Neiges

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Par Lily

La roue crissa en remontant jusqu’au plafond. Sur un signal de Maguiar, les gardes tapèrent du pied à l’unisson sur le sol en pierre. La foule se tut. Le Roi leva une main. Les pieds des gardes se figèrent.

— Temple des portes, nous sommes prêts ! Tournez vos clés ! ordonna Maguiar.

Les portes tremblèrent.

— Allez-y, Luce, murmura mon Protecteur.

Je retournais auprès de la mienne et fit pivoter la clé. Il y eut un déclic et une poignée apparut : un cristal de neige, en glace polie. Je l’empoignai d’une main hésitante… Ce n’était pas plus froid que du métal ordinaire. Elle tourna sans opposer de résistance. Je poussai le battant… et un calme de coton blanc se dévoila à mes yeux ébahis. Partout, la neige était intacte. Recouvrant tout. Un champ immaculé s’étalait devant moi. Sur la droite, un chemin sinuait, bordé de haies sauvages saupoudrées de blanc.

— Un bon point de départ, chuchotai-je pour moi-même.

— Cela aurait également été mon choix, approuva une voix grave que je me surpris à reconnaitre - même je me crispai ; je n’avais pas senti Wolf Storm approcher.

Une brise glaciale venue du paysage vint me piquer les joues, à l’opposée de la chaleur irradiée par le corps massif derrière moi.

— Je déteste avoir froid, murmurai-je au vent.

—Mettez-vous en marche dès que vous aurez franchi le seuil puis maintenez un rythme soutenu, le temps de chauffer vos muscles. Ensuite, réduisez la cadence.

J’expirai un petit nuage devant moi.

C’est beau. Je vous maudis, vous tous et cette Épreuve stupide. Mais c’est beau.

— Que l’Épreuve commence ! rugit Maguiar.

La soixantaine de paires de pieds qui demeureraient dans la salle le temps de l’Épreuve se mit à frapper le sol avec force et fracas.

— Courage. Prudence, ajouta Wolf. Faites simplement de votre mieux.

Ces mots… La colère s’éleva en moi. J’y pris appui et entrai d’un grand pas dans le paysage. Pour tomber. D’abord ce fut mou, puis dur : sous la neige, le sol était en béton armé. La croûte blanche m’avait prise en traitre ; la porte était surélevée. Je me redressai sur les genoux avant de regarder en arrière, hagarde, pour estimer la hauteur de ma chute. À presque un mètre du sol, Wolf Storm m’observait. Et alors qu’une main invisible poussait sur le battant givré pour le rabattre, je lus une haine féroce dans la partie décharnée de son visage. Un rire cruel explosa sous mon crâne. La porte claqua puis disparut. Ne resta plus qu’un ciel froid parsemé de bancs de nuages et l’immense champ tapissé de plusieurs centimètres de neige. Le rire se dissipa lentement dans ma tête.

L’œil bleu, bleu paon, il était bienveillant. Inquiet et bienveillant. C’était la Bête. C’est elle qui s’est moquée.

J’en étais persuadée.

Redresse-toi.

Je n’allais pas déjà détremper ma tenue. Debout, les pieds enfoncés dans la neige, je pris un instant pour observer ce qui m’entourait… Le silence était oppressant. Pourtant, le soleil était bas : soir ou matin, avec toute cette végétation, il devait y avoir des oiseaux. J’avais hâte d’en entendre quelques-uns chanter. Lentement, j’entamai ma marche.

****

J’avais avancé en laissant derrière moi l’endroit par lequel j’étais entrée. Mon pas était régulier. Sur le sentier, l’épaisseur était moindre que dans le champ - à moins qu’il ne s’agisse d’une prairie ou d’une clairière ; la neige enfantait les mystères.

J’avais vu et entendu quelques petits animaux, rongeurs et oiseaux, mais dans cet hiver, les nids et les terriers étaient gage de survie.

Je me sens seule…

Je n’avais jamais été une grande sportive ; avec ce rythme que je m’imposais, je sentais mon cœur palpiter sous mes épaisseurs de laine et de coton. Mon souffle était erratique, mais il était hors de question de réduire l’allure ; l’air était glacial. Comme ces malignes petites bêtes, je maintenais mon corps au chaud. L’homme Loup maudit avait été de bon conseil.

Je dois admettre que ce n’est pas la première fois.

Je m’arrêtai quelques secondes, le temps d’attraper un mouchoir en lin dans ma besace ventrale, sous ma pèlerine épaisse. Je me mouchai en marchant.

Ça caille. Mais qu’est-ce que c’est beau…

La nature froide que je traversais ne cessait de couper mon souffle saccadé. Le givre recouvrait de dentelles étoilées les plantes et les herbes sauvages, desséchées depuis leur dernier été. Des toiles perlées, abandonnées, s’étiraient entre les bosquets et les taillis. Je croisais des branches dénudées parées de gouttes glacées qu’une brise légère faisait parfois danser. J’imaginais des bruits cristallins qui ne venaient pas. Je dévalai une pente légère puis, curieuse, j’en cassai une et la portai à mes lèvres. Elle était fraiche. Je contemplai l’orée d’une forêt qui s’étirait non loin de mon chemin. Le noir des troncs entremêlés tranchait sur l’immaculé de la neige. Soudain, des flocons se mirent à tomber, de grosses vrilles duveteuses. Je m’arrêtai une autre poignée de secondes. C’était un tableau à contempler.

Est-ce aussi magnifique pour les autres ?

Mais gare au froid. Je repris mon avancée.

Ce monde est-il laid ou magnifique ?

****

J’avais profité d’une longue descente, mais la côte qui lui succédait était rude. J’avais gravi à peu près la moitié.

Je n’en peux plus.

Je m’arrêtai, mes mains gantées pressées sur mes côtes.

Caillasserie.

J’aurais aimé m’asseoir pour soulager mes cuisses brûlantes, mais je craignais que le froid n’en profite pour se loger dans mes os. Lorsque les flocons s’étaient tari, un vent piquant leur avait succédé, chassant les nuages du ciel. Le soleil semblait à son zénith, haut dans le ciel.

Un ciel topaze.

J’aimais retrouver le juste nom des teintes, particulièrement celles des bleus. J’avais étudié cela, bien que j’ai oublié pourquoi. Songeuse, je laissai remonter un souvenir : j’étais penchée sur un bureau, mélangeant des pigments d’une palette d’aquarelles à l’aide d’un pinceau à lavis pour créer des nuanciers. Était-ce par plaisir, ou lié à une profession ? Dans ses mémoires, Lionel Jos parlait de son métier, pourquoi le mien ne me revenait-il pas ? Ces pans de mémoire insaisissables m’angoissaient. Je chassai le souvenir en me secouant tout entière. À mon retour au Château Lune, je ferai en sorte de me procurer des peintures. Je déterminerai si, aujourd’hui, cela m’était ou non un plaisir. Je devais m’ériger des certitudes. J’avais besoin d’appuis solides pour avancer. Car la vie était comme cette marche, une avancée continue où des choses perduraient quand d’autres changeaient… Je me sentis moins sombre et repris mon ascension, me laissant grisée par le bruit de mes pas dans la neige, ce crissement particulier, cette mâche d’oreille… J’en aurais pris plus de plaisir si mes pieds n’avaient commencé à souffrir du froid. Je craignais que mes chaussures ne finissent par percer - à l’œil, le cuir était détrempé. Pour me donner du courage, je m’autorisai à entamer mes provisions de viande séchée.

****

Depuis quand est-ce que je marche ? Des heures au moins. Si seulement j’avais une montre…

Je fatiguais.

Le ciel gronda au loin.

Manquerai plus que ça !

D’épais nuages jaunâtres commencèrent à s’amonceler.

Allez, ça va aller, la seconde porte sera là avant que ça ne craque.

Les haies m’avaient abandonnée. Depuis, j’avais la sensation de marcher sur une mer blanche striée de vaguelettes. Je me repérai grâce aux touffes d’herbes sauvages ; elles dépassaient de la croûte de neige en bouquets plus ou moins hauts.

Je suis des cheveux de trolls.

Je marchai en les épiant, relevant quelquefois les yeux pour observer dans son ensemble l’espace dégagé qui m’entourait. C’était différent, un peu effrayant, toujours aussi spectaculaire. Je m’arrêtai pour boire quelques gorgées de mon outre en peau de… je préférais l’ignorer. J’en profitai pour admirer l’arbre solitaire vers qui j’avais marché : un vénérable au tronc large et noueux. Combien d’hiver avait-il vu passer ? Le vent chassait la poudreuse de ses branches, il semblait s’en moquer.

— Tu me prêtes un peu de ta force, mon vieux ?

Je tendis un doigt vers une stalactite accrochée à une branche basse. Je ne résistai pas à l’envie de pousser dessus. Elle se cassa et tomba. En la regardant s’enfoncer dans la neige, je réalisai que je m’étais mise à fredonner.

On repart.

****

Aussi loin que portait mon regard, je ne voyais nul bâtiment, aucune trace de Temple ni aucune porte. Je souffrais des cuisses, des genoux, mollets… Même des bras. Ils ne portaient pourtant rien.

— Je suis une guerrière, je suis une guerrière, je suis une guerrière…

Je ne chantai plus. Je murmurai en boucle, au rythme d’un métronome, un mantra béquille, calqué sur mes pas. Le paysage s’était assombri. Quelques flocons commençaient à se mêler au vent devenu piquant. Ils me griffaient les joues. Je grelottai. La température avait chuté de plusieurs crans. J’extirpai de ma besace la dernière galette préparée par Midine et l’engloutis en avançant. Puis j’arrangeai mon écharpe pour me couvrir un maximum le visage. Je n’en avais plus rien à faire du paysage. J’avais peur de la nuit à venir.

****

Il neigeait dru, des flocons lourds et silencieux. Ils tombaient en épais rideau sous lequel je trainais une patte après l’autre. Mes mains étaient gelées. Mes pieds étaient gelés. L’écharpe que j’avais remontée sur mon nez était mouillée. Mes yeux pleuraient à cause du froid. Je m’accrochais à l’espoir que tout cela serait bientôt terminé. On m’avait promis que j’en ressortirais vivante. J’étais à bout de force, ça ne pouvait donc que bientôt se terminer. En attendant, il me fallait avancer.

— Merde.

J’avais perdu le contact avec mes touffes d’herbes. Prudente, je m’arrêtai. Mes cheveux de Troll m’indiquaient une vague idée du relief où je mettais les pieds, sans eux… Ils étaient visibles derrière moi, mais devant, il n’y avait qu’une meringue blanche. Au loin, j’avisai une ligne de sapins ; un bon repère à longer. Mais c’était en contrebas de la colline sur laquelle je me trouvais.

— Ok, je vous rejoins, soufflai-je au travers mes mailles givrées.

Avant de m’y remettre, je bus un peu d’eau. Je n’avais pas soif, mais j’avais transpiré.

Par contre, pas question de marcher à l’aveuglette dans la meringue.

J’observai les arbres les plus proches. Une longue branche assez fine me semblait accessible. Je m’approchai, l’agrippai à deux mains et me laissai peser de tout mon poids. Je dus m’y reprendre à quelques fois pour parvenir à la casser. En nage, je repris mon avancée dans la neige crissante, piquant mon bâton devant moi avant d’oser y enfoncer les pieds.

Bordel !

Un précipice ? Un ravin ? Je venais d’enfoncer presque toute la longueur de mon bois et je n’avais pas encore rencontré le sol. Je remerciai je-ne-sais-qui et qui de droit - l’Esprit de la Rivière peut-être ? - et tâtai le terrain autour de moi.

Si au moins j’y voyais clair.

Je tremblais, des flocons restaient accrochés sur mes cils.

La ligne de sapins, je dois la rejoindre, je dois descendre d’ici.

Mon bâton toucha terre sur la gauche.

Bordel de temps de merde et bordel de monde de merde.

J’étais à deux doigts de maudire toute sa population et certains en particulier. Je repris mon avancée, confiante, ma technique fonctionnait. Et c’est là que je buttais. Un bout de roche caché par la neige. Je voulus prendre appui sur mon bâton, il s’enfonça, sans rencontrer le sol. Je tombai à suite. Et m’enfonçai. Dans une neige molle qui avaient dû s’accumuler dans une cuvette. L’adrénaline me sauva ; je lâchai le bout de bois et les tendis en avant. Mes doigts agrippèrent une surface rugueuse et mon corps vint se plaquer, avec une lenteur sidérante, contre un pan de roche. La poudreuse recouvrit tout. J’étais tendue comme un arc. Le nez en l’air, paupières fermées, je n’osais plus bouger. J’inspirai un peu de neige.

Panique pas.

Je bougeai lentement la tête de gauche à droite, d’avant en arrière. Elle était tout autour de moi. Je sentais son froid vif et humide sur mon visage. Mon sang cognait douloureusement dans ma gorge, dans ma poitrine, sous mon crâne.

C’est normal. Calme. Respire calme.

J’entrouvris un œil. Des cristaux blancs. Non, transparents. Je distinguais le ciel, à peine quelques centimètres au-dessus de mon front.

Elle va tomber dans une congère.

Le souvenir de cette voix moqueuse réveilla ma rage. Mon âme se réchauffa. Je frottai la pointe de mon pied contre la roche. Je sentis une prise et poussai en tirant sur mes bras. Ma semelle dérapa et je glissai contre la paroi. Le ciel s’éloigna, la neige s’insinua sous mes vêtements et une vive douleur à la cuisse et au genou m’arracha un cri aigu. Je comptai jusqu’à cinq, sans bouger.

Non, c’est pas le pied le problème.

J’appuyai ma paume contre la paroi et glissai ma main vers le bas. Sans geste brusque. Elle tremblait. Le froid brûlait. Je me débarrassai de mon autre gant puis réessayai de grimper. La deuxième fois fut la bonne. Je m’extirpai de la cuvette en gémissant. Couchée dans la neige, je rampai jusqu’aux touffes d’herbe. Je m’obligeai à me mettre sur les genoux, les mains sous les aisselles. Mes mâchoires s’entrechoquaient avec violence.

Au secours.

J’entendis un bruit. En moi. Dans mon esprit. Puis des centaines de souvenirs perdus affluèrent, de toutes les époques, chargés d’un torrent d’émotions qui leur était associé. Je m’effondrai dans la neige, le nez en avant, et tant pis si j’en respirais. Tous ces souvenirs… Ces terribles instants de vie, qui m’avaient blessée, m’avaient forgée, que pour rien au monde je n’aurais voulu revivre. Une foison de moqueries et de cruauté, une masse gluante d’humiliations et de rejets… : des camarades qui se moquaient de mon apparence frêle et enfantine quand eux affichaient des courbes et des traits faussement adultes ; la fuite d’un père à l’étranger, en quête d’une nouvelle vie avec une autre, avec les enfants de cette autre ; la perte d’une relation exclusive avec ma mère, elle-même refaisant sa vie, redonnant la vie ; des coups bas de collègues ne pouvant pas me blairer ; des relations toxiques qui prenaient fin sous les reproches… Et cette impression, toujours, de n’avoir pas le droit d’être… j’étais une pièce solitaire qui n’entrait dans aucun puzzle.

À quoi bon me relever…

J’étais lasse. Côtoyer les autres, c’était si… violent. S’ils ne voulaient pas de moi, pourquoi vivre à leur côté ? Et s’ils étaient partout, pourquoi vivre tout court ? Autant laisser la neige me recouvrir. Que cela cesse.

Contentez-vous de faire de votre mieux et n’ayez crainte si vous échouez, personne ne vous en tiendra rigueur au Château Lune si vous ne menez pas à terme cette Épreuve.

Je poussai un juron. Pourquoi les mots de ce maudit Loup me revenaient en tête ?

Et merde. J’en suis capable. Et les imbéciles ne résument pas le monde ! D’ailleurs, je les emmerde ! Je préfère être une pièce isolée et incomprise qu’un con heureux de l’être ! Et en plus, tous ces cons, ils sont à un monde d’ici !

Cette rage, encore. La rage de vivre. Je souris dans la neige. Il était petit, amer et moqueur, mais j’en fis un moteur. Je me relevai en chancelant. Surprise, j’aperçus des traces rouges sur le sol blanc. Ça venait de ma jambe. Je la sentais pulser, de loin. Je me sentis incapable d’ôter mes bottes pour soulever mon pantalon. Si je me tenais debout, ce ne devait pas être trop grave, et rien ne ruisselait…

Il… Il avait dit que tant que je marchais, même un retour en arrière ne poserait pas problème…

Je jurai avec fureur. Ça aurait pu me revenir plus tôt ! Au moins, j’avais mes empreintes précédentes comme point de repère en plus de mes touffes d’herbe.

Bon. Courage. Dernière ligne droite.

Je refusai de me dire quoi que ce soit d’autre.

****

J’avais replié mes bras croisés sous ma pèlerine. L’extrémité de mes doigts me faisaient mal. Mes orteils, qui picotaient et s’engourdissaient depuis un moment, avaient, eux, cessés d’être douloureux... Je préférais quand je les sentais.

J’avais un goût de sang sur la langue, mes lèvres gercées s’étaient fissurées en plusieurs endroits malgré l’écharpe détrempée qui les couvrait. Mes joues brûlaient. Je marchais si lentement que s’en était ridicule.

Je m’étonnais de tenir debout. Je m’exhortai à avancer. Je priai la nature autour de moi de ne plus me faire trébucher.

Je passai ma langue sur mes lèvres au goût de rouille.

Je ne peux pas mourir. S’arrêter, c’est perdre mes orteils. Marcher tient chaud. La porte est bientôt là. Je ne suis pas perdue.

****

La neige fouettait tout.

C’est cela, un blizzard.

C’était spectaculaire. Mortellement beau. On avait dû nous mentir. J’allais mourir.

Je devais lever mes jambes pour avancer. La poudreuse me remontait jusqu’à mi-mollet. J’avais regardé mes doigts, leurs extrémités bleutés, boursouflées. En pleurant, j’avais reculé mes bras dans leurs manches et glissé mes mains sous mes aisselles, peau contre peau. Je ne pouvais pas perdre mes doigts, je ne voulais pas perdre mes orteils. J’avais trop froid. J’allais m’endormir debout. Et je ne me réveillerais pas.

Mes cils étaient lourds de neige. Mes larmes durcissaient au contact de l’air.

Compte tes pas. Avance jusqu’à dix.

C’était plus facile ainsi. Un tout petit objectif.

Un, deux…

J’étais dans un état second. Je ne soulevais même plus les jambes, je glissais.

Trois…

Un millimètre de gagné.

Quatre…

À Dix, je m’effondrerais dans la neige.

Pitié.

Et elle fut là.

Je crus d’abord à un mirage. Je clignai plusieurs fois des yeux. Elle était encore là. Ses contours nets, les lattes du battant couvert de givre. La poignée en forme de cristal étincelait. Je ne souris pas. J’étais soulagée, mais si lasse. Je la rejoignis avec une atroce lenteur et des mouvements gauches. J’appuyai mon nez contre le bois glacé. Je devais sortir mes mains de sous mes aisselles. J’en étais incapable. De rage, je shootai du genou dans le battant. Deux, trois fois de suite. Et, oh, surprise, la porte s’ouvrit devant moi.

****

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