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♫ Wazya, la Première Fille ♫ (1/2)

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Par Syanelys

Wazya ne cessait de savourer les visages déconfits qui lui faisaient face. La petite blondinette riait à gorge déployée, rayonnante, tandis que les Étoiles de Klopika affluaient autour d’elle. Wazya avait un mot doux pour chacune, une caresse complice, un regard attendri. L’atmosphère, baignée d’éclats et de ravissement, touchait à l’excès du bonheur. Cette Étoile-là n’était pas comme les autres.

Sous ses airs d’enfant angélique, l’accueil maternel qu’elle dédiait aux Étoiles se voulait dérangeant. Une emprise. Une essence indicible. Sans parler explicitement, sans les commander directement, elle imposait ses volontés. Sa candeur n’était qu’un masque, et derrière son faux sourire se cachait une tyrannie douce.

Elle les avait regardées. Juste regardées. Les Étoiles s’étaient alors rangées d’elles-mêmes pour former une haie d’honneur. Tout cela pour qu’elle puisse contempler les trois intrus au loin, leurs regards chargés d’incompréhension.

Ayako, Syae, Illya reculèrent d’instinct. L’aura de Wazya, invisible et écrasante, enveloppait les alentours. Toute tentative de résistance semblait absurde. Les Étoiles les fixaient désormais tels des ennemis. Le tournoi du Klopika n’était plus qu’un souvenir dissous, effacé par son seul caprice. Tout ne tournerait qu’autour d’elle.

— Ma petite Ayako… Pourquoi cette mine sombre ? Tu devrais être ravie. Tu m’as enfin retrouvée, non ?

L’Élue du Néant s’avança, bras tendus, devant ceux qu’elle refusait de voir s’approcher de Wazya, même au prix de sa propre extinction. Ses yeux s’ancrèrent sur les volutes sombres qui s’échappaient encore de ses mains vides. Les dagues antiques, ses compagnes silencieuses, venaient d’être pulvérisées. Sans effort. Un désarmement moqueur qui ne parvint pas à la décontenancer.

— C’était toi depuis le début ? demanda Ayako. Celle qui a lancé cette Malédiction sur ma sœur et sur moi ?

Wazya aurait pu lui répondre calmement, mais sa voix vacilla, tiraillée entre l’indignation et une douleur trop ancienne. L’émotion déborda. Sa rage jaillit, incandescente, noyée dans les rires cristallins qui fusaient tout autour d’elle.

— Oui, Ayako. Moi, Wazya. Première Fille des Zascios. Pensiez-vous vraiment que les Elsan échapperaient à toute conséquence ? Les jumelles n’auraient jamais dû exister !

Son regard dévisagea le trio, jugeant chacun d’eux avec un profond dégoût. Ses sœurs Étoilées, regroupées derrière elle, riaient doucement, complices de l’avènement de sa haine viscérale envers eux.

— Votre « Guerre des Immémoriaux » fut votre dernier affront. Nyfia a osé. Elle a défié les Lois sacrées. Les Lois dictées par les Zascios !

Wazya sautilla sur place pour marquer son impatience immature. Elle avait attendu ce moment si longtemps pour finalement se retrouver déçue.

— Nyfia Elsan s’est crue Zascios, en donnant vie à deux prétendues Élues. Elle a cherché à forcer une Prophétie qui n’avait plus lieu d’être ! Puisque mon emprise ne semble pas fonctionner sur toi, je n’ai plus qu’à provoquer ton extinction ! Charmant verdict, ne penses-tu pas ?

Elle tira la langue, joyeusement, avant de tirer doucement sur le coin de son œil, dans un geste moqueur.

— Z’avez perdu ! Finie, votre quête de pouvoir. Vous ne m’amusez plus ! Ni ta sœur ni toi ! Je me réjouis d’avance de vous faire disparaître de Tekoya ! En personne !

La blondinette se balança entre les Étoiles en liesse pour s’avancer triomphalement vers Ayako, chacune l’acclamant au moindre de ses pas. Wazya les salua modestement, esquissa une révérence exagérée, puis s’arrêta net.

— Oh…

Devant Wazya, l’aura d’Ayako se déploya dans une fulgurance. Des tourbillons noirs, chargés d’éclairs et de glace, s’enroulèrent autour de son corps. Le Néant s’éveillait. Sa colère aussi. Pourtant, Ayako ne bougea pas.

Sa toge stellaire se consumait par endroits, découvrant les marques sombres qui serpentaient sur sa peau. Ses dagues reparurent entre ses doigts, mais leurs lames tremblaient. Tantôt dirigées vers Wazya. Tantôt abaissées vers le sol.

Autour de la Grande Sœur, les Étoiles de Klopika resserrèrent leurs rangs. Ayako les regarda. Elle revit leur tournoi. Leurs rires. Leurs règles absurdes. Les mains lumineuses qui l’avaient soulevée après sa victoire. Elles se dressaient maintenant devant Wazya avec la même ferveur, prêtes à offrir leur éclat pour la protéger. Une injonction se glissa dans ses pensées.

Frappe.

Ayako crispa les doigts autour de ses dagues.

Frappe-les toutes.

La colère lui hurlait d’obéir. Le Néant réclamait un passage. Chaque fibre de son corps voulait atteindre Wazya, lui arracher son sourire, lui faire payer la Malédiction et les derniers jours passés sous l’emprise de sa Voix. Mais il aurait fallu traverser les Étoiles. Ayako ne le pouvait pas.

Son souffle se bloqua. Ses jambes refusèrent d’avancer. La rage la poussait en avant tandis que son amour pour les Étoiles la retenait avec une force égale. Elle ne savait plus quelle pensée lui appartenait. Laquelle venait de la Voix. Où finissait sa colère et où commençait celle qu’on avait implantée en elle.

Wazya applaudit avec allégresse.

— Comme c’est touchant ! Même maintenant, tu refuses de leur faire du mal.

Elle ouvrit les bras. Les Étoiles vinrent se serrer autour d’elle avec confiance.

— Tu voudrais m’atteindre, mais il faudrait d’abord les briser. Alors, ma petite Ayako ? Combien de tes chères amies es-tu prête à sacrifier pour venir jusqu’à moi ?

Une dague échappa aux doigts d’Ayako. Elle se dissipa avant de toucher le sol.

— Aya ! appela Syae.

Elle entendit sa voix. Lointaine. Presque engloutie sous l’autre.

Frappe.

— Regarde-moi !

Ayako voulut tourner la tête vers lui. Son corps ne lui obéit pas. Illya recula, glacée par l’immobilité de son amie.

— Elle nous entend, murmura-t-elle. C’est justement pour ça qu’elle ne bouge plus.

Syae refusa de rester impuissant et matérialisa une immense barrière cosmique afin de protéger le village de Klopika. Sa toge stellaire le recouvrit pour qu’il puisse s’éveiller à ses pouvoirs de Céleste. Puisque ses mots n’atteindraient plus Ayako, il choisirait l’acte. Par amour. Une réaction qui n’échappa pas au regard d’Illya, malgré la panique croissante.

La jeune Qity tentait de reprendre le contrôle. Elle rassemblait le peu de clarté qu’il lui restait pour exprimer l’évidence.

— Syae… Cette Étoile… Elle est liée à son éveil d’Élue. J’ignore encore pourquoi, mais… Ayako ne doit pas l’affronter. C’est elle. C’est cette Wazya. C’est la Voix qui les fait sombrer. Toutes deux.

Illya s’interrompit. Des Étoiles venaient de se tourner vers elle. Leurs regards perçaient la lucidité d’Illya. Elles savaient une vérité qui ne devait pas être dévoilée. Mais pourquoi ?

— Qu’Ayako ne l’approche pas, murmura-t-elle à Syae.

Syae gardait son calme grâce aux mots de son amie. Il n’eut pas besoin de la comprendre. Il fit ce qu’il avait toujours su faire la concernant : croire en elle. Il se plaça devant Ayako, dont l’aura sombre la dévorait déjà. Avait-elle finalement entendu la mise en garde d’Illya ?

— Linsena !

Syae invoqua ses trois couleurs stellaires primaires. Profitant du moment d’égarement d’Ayako, il s’empressa de peindre une sphère protectrice autour d’elle. Des effluves d’encre et d’éclats lumineux s’entremêlèrent pour multiplier plusieurs barrières runiques autour de celle qu’il chérissait tant.

Sa magie était reconnaissable entre toutes. Dans les effluves d’encre et les éclats lumineux vibrait la signature de la Constellation du Rêveur. Wazya n’avait plus qu’à la garder en mémoire pour punir d’autres sœurs plus tard.

— Si tu en veux aux Elsan… alors n’oublie pas que je les représente. Et, je te promets que tu ne toucheras plus jamais à Ayako. Ne m’oblige pas à user de mes pouvoirs de Céleste sur une Étoile !

Wazya explosa de rire. Une moquerie perverse et orgueilleuse déforma son visage enfantin. Elle chercha ses mots comme on piochait dans une boîte de friandises : « pathétique », « puéril », « navrant » et n’en choisit aucun, tant tous lui convenaient. D’un geste exagérément las, elle étira ses bras au-dessus de sa tête, telle une enfant s’éveillant d’une sieste bien méritée.

— Mon cher Syae… c’est justement grâce à toi que je vais lui infliger la plus exquise des douleurs.

Elle se tourna ensuite vers ses sœurs Étoilées.

— Dites, on joue ? Faites-moi votre plus beau compte à rebours !

Les Étoiles brisèrent leur formation pour l’entourer aussitôt. L’air vibra d’un chœur enfantin, un murmure de chiffres décomptés, scandés à l’unisson. Une innocence sinistre. Un compte à rebours vers l’irréparable.

— Cinq…

Wazya tapa dans ses mains pour insuffler un rythme.

— Quatre…

Elle tourbillonna avec quelques Étoiles dans une danse malicieuse.

— Trois…

Sa voix se mit à fredonner une petite berceuse très appréciée dans tout Klopika.

— Deux…

Syae n’attendit pas le nombre final. Entre ses paumes, sa puissance se comprima jusqu’à tordre l’air, noyau incandescent parcouru de veines lumineuses qui remontèrent le long de ses bras. Il se projeta vers les Étoiles dans une détonation, entraînant derrière lui un sillage coloré et dégradé. À quelques pas de Wazya, il écarta violemment les mains. Le noyau éclata. Une onde circulaire balaya le sol devant lui, arrachant les Étoiles à leur ronde et les dispersant telles des étincelles prises dans une tempête. Toute la force demeurée au centre du déferlement se resserra alors en un trait aveuglant, lancé droit sur Wazya avec assez de puissance pour éventrer l’espace entre eux.

Wazya disparut.

Elle réapparut aussitôt juste aux côtés d’Ayako. Plus intriguée de la voir plongée dans la torpeur qu’inquiétée par l’assaut de Syae, elle s’assit auprès d’elle pour mieux l’observer.

— Et un…

Syae fut arraché à son élan. Son corps tressaillit sous une première entaille, puis une deuxième, avant qu’une multitude de lames invisibles ne s’abattent sur lui. Elles lacérèrent sa toge stellaire, ouvrirent dans le tissu des sillons nets et voraces, comme si le vide lui-même avait décidé de le dévorer. Syae en reconnut aussitôt la douleur. Ce n’était pas une simple imitation. C’était la réplique exacte de ce jour-là : celui où Ayako, consumée par le Néant, avait retourné cette même violence contre l’homme qu’elle aimait.

— Pauvres êtres Astraux. Vous cachez vos blessures derrière de ravissantes incantations. Vous ne les guérissez pas. Vous les oubliez. Comme on repeint un mur en ruine. Ironique pour l’artiste que tu es, Syae Elsan.

Elle tourna sur elle-même, les bras croisés.

— Ce pouvoir que vous tenez n’existe que par mes sœurs. Des Étoiles que vous avez mises à genoux, sans jamais leur demander si elles voulaient être vos lanternes.

Son sourire s’élargit.

— Et ce qui est fait… peut être défait, Ayako.

Un rire cristallin s’éleva.

— Regarde. Tu l’avais déjà frappé. Tu recommences encore. N’est-ce pas une souffrance délicieuse à contempler ? N’est-ce pas amusant ? À croire qu’une Voix t’y poussait… Comme une gentille suggestion, si douce, si… missante.

Le Céleste des Elsan s’effondra sans un cri. Les lames invisibles achevèrent de déchirer son aura et le rejetèrent contre le sol, pantin brisé par la répétition cruelle de son propre passé.

— Oups, souffla Wazya avec une fausse innocence.

Ayako regarda Syae tomber. Le monde continua de bouger autour d’elle. Les Étoiles riaient. Wazya applaudissait. Illya criait quelque chose qu’elle ne comprenait plus. Dans son esprit, la Voix murmura avec une douceur insoutenable.

Tu vois ? Tu finis toujours par le détruire.

Ayako voulut courir vers lui. Ses jambes demeurèrent figées.

Tu l’as déjà fait. Tu le referas.

Syae heurta le sol. Quelque chose se rompit en Ayako. Ni sa raison ni son amour. Son obéissance.

L’aura d’Ayako implosa. Le sol se fendit sous ses pieds. Une onde de Néant jaillit de son corps, noire, glaciale, prête à engloutir tout ce qui la séparait de Wazya. Les Étoiles se dressèrent aussitôt devant leur Grande Sœur.

Même au bord de la folie, même devant le corps brisé de Syae, elle refusa de les anéantir.

— Écartez-vous… supplia-t-elle.

Aucune ne bougea. Derrière leur rempart, Wazya sourit.

— Tu ne peux pas me toucher.

La Voix resserra son emprise.

Détruis-les.

Ayako ferma les yeux.

— Non.

Le Néant enfla autour d’elle, furieux de ce refus. Ses marques noires brûlèrent sous sa peau. Ses dagues tremblèrent entre ses mains tandis que deux volontés contraires menaçaient de déchirer son esprit.

Détruis-les toutes.

Ayako revit Syae s’effondrer. Puis ses yeux se rouvrirent.

— J’ai dit non !

Une lumière verte jaillit de ses prunelles. Elle se propagea sous sa peau, repoussa les marques du Néant et remonta le long de ses bras jusqu’à ses dagues. Leur noirceur se fendit. Des veinures flamboyantes parcoururent les lames, de plus en plus vives, jusqu’à en transformer entièrement la teinte.

Autour d’Ayako, le Néant recula. Les Étoiles reculèrent elles aussi devant une puissance qu’aucune ne reconnaissait. De nouveaux astres apparurent dans son aura. Verts. Sauvages. Étrangers à la lumière de Tekoya. Ils dansèrent autour d’elle sans attendre d’ordre, comme s’ils répondaient à une volonté plus ancienne que les Lois cosmiques elles-mêmes.

Wazya cessa de sourire.

— Ces Étoiles…

Ayako joignit ses dagues. La lumière verte se concentra entre leurs pointes. Elle ne grossit pas. Elle se comprima, encore et encore, jusqu’à devenir un filament si fin qu’il sembla disparaître. Wazya recula. Pour la première fois, elle ne comprenait pas ce qu’elle voyait.

Elle abaissa ses lames. Le filament partit. Il traversa la marée stellaire sans toucher une seule Étoile. La lumière se courba entre leurs silhouettes, glissa dans les interstices impossibles de leur rempart et poursuivit une cible unique. Wazya.

— Impossible…

Wazya tenta de disparaître. Trop tard. La magie verte la frappa de plein fouet. Son bouclier éclata. La lumière remonta le long de son bras et désagrégea sa chair stellaire jusqu’à l’épaule. Un cri lui échappa. Elle contempla le vide laissé par son membre, incapable de comprendre ce qui venait de l’atteindre. Aucun pouvoir né de Tekoya n’aurait dû traverser les Étoiles sans les blesser. Aucun assaut n’aurait dû pouvoir la distinguer de leur lumière. Puis la douleur s’insinua en elle.

Ayako releva ses dagues vertes.

— Wazya !

Le Xoxas apparut à ses côtés. Des veinures de la même couleur couraient désormais sur son corps divin, mêlées aux ombres du Néant sans jamais s’y dissoudre. Ayako posa brièvement une main contre lui. Le familier inclina la tête, comme s’il découvrait lui aussi cette puissance qui venait de les traverser. Puis elle désigna Wazya.

Son cri souleva les vents de Klopika. Les dagues filèrent. Le Xoxas bondit à leur suite. Ayako s’élança dans leur sillage, portée par des éclairs verts qui éventraient le sol sous ses pas. Sa colère ne cherchait plus à être entendue. Elle exigeait une fin. Wazya devait disparaître.

Les Étoiles se rassemblèrent de nouveau devant leur Grande Sœur. Leurs lumières se soudèrent, formant une marée stellaire assez vaste pour engloutir l’assaut. Ayako les vit. Une hésitation traversa sa course. Infime, mais réelle. Elle ignorait si le miracle se reproduirait. Si cette puissance inconnue distinguerait encore les innocentes de celle qu’elle voulait anéantir. La Voix remua au fond de ses pensées.

Détruis-les.

Ayako serra les dents. Ses dagues infléchirent leur trajectoire pour éviter les premières Étoiles. Les éclairs verts se divisèrent autour de leurs silhouettes sans en toucher aucune. Même consumée par la rage, elle refusait encore de les frapper. Mais le Xoxas poursuivait sa charge. Wazya demeurait devant elle. À portée. Si Syae n’existait plus, rien de ce monde ne méritait d’être préservé. Tout s’effondrerait avec la Grande Sœur.

— Ayako ! Aide-moi ! Syae a besoin de nous deux !

La voix d’Illya fendit l’instant, ouvrant une brèche dans l’abîme. Ayako s’arrêta. Son élan demeura suspendu tandis que l’espace se tordait autour d’elle. Au-delà de la marée stellaire, elle aperçut Illya agenouillée auprès de Syae. Quelques Étoiles l’entouraient, celles qui avaient refusé d’obéir à leur Grande Sœur. Une lueur d’espoir au cœur d’une nuit trop noire. Puis le regard d’Ayako rencontra le sien. Syae avait les yeux ouverts. Vivant, mais terrorisé. Pas par la douleur. Par elle. Cela suffit.

Les dagues s’immobilisèrent, puis se dissipèrent en fragments de lumière verte. Le Xoxas s’effaça dans un souffle. Autour d’Ayako, l’aura dévorante reflua sans résistance. L’amour qui voulait tout réduire en cendres venait de se rappeler ce qu’il cherchait réellement à protéger.

Elle comprit alors que rien de ce qu’elle reconstruirait avec Syae ne pourrait naître d’un champ de ruines. Ayako s’effondra à genoux. Ses paumes ouvertes, baignées de cette lumière verte encore inconnue, vibraient doucement. Elle ne tremblait pas de douleur, mais sous le choc d’un second éveil. Elle venait d’effleurer quelque chose qui la dépassait : une transcendance qu’aucune Voix, aucune prophétie ne lui avait dictée.

Ayako pouvait encore se relever. Parce que Syae vivait.

— Cette magie… souffla Wazya.

La panique avait chassé toute trace d’enfance de son visage. Elle regarda son bras disparu, puis les Étoiles demeurées intactes derrière elle. Certaines se pressaient encore contre leur Grande Sœur. D’autres avaient rejoint Illya et Syae, attirées par une volonté qui ne cherchait pas à les soumettre.

Wazya recula.

— Qu’as-tu fait, Nyfia ?

Elle dévisagea les astres verts qui gravitaient toujours autour d’Ayako. Leur lumière ne ressemblait à aucune essence née sous le ciel de Tekoya.

— Ta Constellation ne vient pas de ce monde…

Sa voix se brisa.

— Ces Étoiles ne sont pas nos sœurs.

Ayako releva lentement ses yeux émeraude. Wazya eut un nouveau mouvement de recul.

— Qui es-tu ?

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