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♫ Wazya, la Première Fille ♫ (2/2)

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Par Syanelys

Perdue dans ses pensées, Ayako ne perçut ni les pas hésitants de Wazya ni la course rapide d’Illya. Le triangle qui se dessina entre elles n’appelait plus à la guerre. Plus aucune aura, plus aucune puissance en suspens. Seulement cette lourde paix qu’Ayako avait imposée par la force de son cri. Une paix qui étouffait plus qu’elle ne libérait.

L’apprentie alchimiste profita de cette accalmie miraculeuse pour déployer une nouvelle composition florale de son art. Autour de Syae, elle sema les dernières graines que renfermaient ses fioles. À peine eurent-elles touché le sol que des racines diaphanes s’enfoncèrent sous la cendre et qu’une multitude de fleurs s’épanouit dans leur sillage.

Illya leva alors les mains. Le vent de Klopika répondit à son appel. Il arracha aux corolles leurs pétales sans les meurtrir, les emporta dans les hauteurs et les ordonna peu à peu en cinq courants distincts. Sous les gestes précis de la jeune Qity, les volutes colorées tracèrent dans le ciel les contours d’un immense pentagramme floral.

Une première Étoile s’approcha. Encore méfiante, elle déposa timidement son éclat au sommet de la figure. Une deuxième l’imita. Puis une troisième. Bientôt, plusieurs sœurs de Klopika tournoyèrent parmi les pétales, ravies de mêler leurs lumières à cette magie qui ne leur réclamait rien. Illya les contempla, d’abord surprise, puis gagnée par leur allégresse cristalline.

Le pentagramme s’embrasa. Chaque branche se gorgea d’une couleur différente. Les parfums des fleurs, la lumière des Étoiles et l’héritage alchimique des Qity fusionnèrent en une pluie douce qui retomba sur le champ de bataille.

Les premiers pétales se posèrent sur Syae. Ils fondirent contre sa toge déchirée et pénétrèrent dans ses blessures, refermant les entailles une à une. Son aura brisée se renoua en filaments fragiles. Sa respiration, jusque-là douloureuse, retrouva peu à peu un rythme plus profond.

D’autres pétales glissèrent jusqu’à Ayako. Leur fraîcheur apaisa les éclairs qui couraient encore sous sa peau et enveloppa ses Étoiles vertes d’une lumière tendre. Sa colère ne disparut pas. Elle cessa seulement de la dévorer.

Les derniers atteignirent Wazya. La Grande Sœur voulut les repousser, mais les fleurs n’essayèrent ni de la contraindre ni de lui arracher son courroux. Elles se contentèrent de recueillir sa douleur.

Durant un instant, la rage de Wazya vacilla. Un instant seulement. Lorsque le dernier pétale quitta sa peau, sa douleur retrouva tout ce qui pouvait la nourrir. La Première Fille reprit sa marche, pestiférant contre ce bras qu’Ayako lui avait arraché. Blessée, privée d’une partie de sa puissance, elle avançait pourtant avec une détermination intacte.

Illya s’interposa, le regard acéré.

— Ne t’approche plus, Wazya. Cesse tes enfantillages.

— Illyasviel… Le soutien intemporel des jumelles… La Qity enlevée aux siens par cette fichue Nyfia !

La voix de Wazya n’avait plus sa malice enfantine. Ni aucun rire. Juste une haine nue.

— Vous n’avez aucune raison de vous déchirer toutes les deux ! cria Illya. Ayako, comme toi, cherche à briser les chaînes. Pourquoi vouloir la faire souffrir pour un destin qu’elle n’a jamais choisi ?

Pendant une fraction de seconde, le regard de Wazya se troubla. Une ombre d’hésitation, comme si ce miroir tendu par Illya la forçait à s’y voir vraiment. Elle s’en détourna aussitôt.

— Parce qu’elle est la fille de Nyfia. Cela me suffit.

— Nyfia n’a pas choisi cette fatalité non plus. Elle a toujours souhaité libérer les Étoiles de Tekoya !

La voix d’Illya se fit plus grave.

— Ignores-tu donc son histoire avec Yaelys ?

Le choc fut visible. Le nom fit vaciller l’assurance glacée de Wazya. Loin d’apaiser sa colère, cette évocation en réveilla la source.

— Ne te mêle pas de ce qui te dépasse, Illyasviel ! gronda-t-elle. Ta morale, ton rôle, ton avenir… Je les méprise tous, tu m’entends ?

Les Étoiles qui, un instant plus tôt, mêlaient leurs éclats aux pétales s’immobilisèrent toutes ensemble. Une même pulsation troubla leur lumière. Puis elles se retournèrent contre Illya.

La première décharge la frappa à l’épaule. Une seconde lui déchira le flanc. Leurs rayons convergèrent soudain sur elle, mordant sa peau en brûlures stellaires, aussi fulgurantes qu’aveuglantes. Illya s’effondra au cœur de son propre rituel, incapable de reconnaître celles qui l’accompagnaient encore quelques secondes auparavant. Aucun ordre n’avait été prononcé. Pourtant, toutes avaient obéi.

— Tu n’es pas si différente des Elsan, Illyasviel. Les tiens ont simplement appris à donner un autre nom à leur lumière… et à oublier celles dont elle provenait. Rejoins ma cause. Si ton destin avait été différent, elles t’auraient peut-être appelée « Grande Sœur », toi aussi. Ne m’oblige pas à te faire du mal. Pas à toi… petite sœur.

Ses mots se perdirent dans le souffle vide de l’espace astral. Il n’y avait plus ni rires ni murmures. Seulement ce sous-entendu suspendu entre elles, trop immense pour qu’Illya parvienne encore à lui donner un sens.

Le masque de la Grande Sœur se désagrégea entièrement. Sa haine continuait de déformer ses traits, si profonde qu’elle paraissait dépasser Illya pour condamner, à travers elle, l’existence même des Qity. Pourtant, lorsque la lumière de l’apprentie alchimiste vacilla dangereusement, Wazya se précipita vers elle.

Ayako, toujours à genoux, crut d’abord à un nouvel assaut. Wazya rattrapa Illya avant qu’elle ne s’effondre. Ses bras se refermèrent autour d’elle, non dans une étreinte, mais dans une prise féroce. Ses doigts s’enfoncèrent contre ses brûlures stellaires, arrachant à la jeune femme un gémissement étranglé. Elle voulait qu’elle souffre. Qu’elle paie une révolte commencée bien avant qu’elle puisse seulement en comprendre le sens.

Mais au moment où son éclat menaça de s’éteindre, Wazya retint le sien. Elle refusait de la tuer. Ce n’était pas de la pitié. C’était une colère trop intime pour lui accorder la délivrance.

— Regarde ce que tu m’as fait faire, Illyasviel…

La complainte semblait adressée autant à Illya qu’à elle-même. Ayako y perçut une brèche. Une faille dans l’armure pour convaincre la Première Fille de ne plus combattre.

— Laisse-nous accomplir l’Éclipse, Wazya ! Cette Prophétie mettra fin à toutes les guerres. Kayla et moi libérerons les Étoiles. Nous briserons les chaînes de toutes les Constellations.

Wazya ne la regarda pas. Son attention restait fixée sur Illya. Pourtant, un sourire flotta sur ses lèvres. Une esquisse douce, troublante, presque sincère.

— Toi aussi, tu ignores tout de ta vraie nature, Ayako. Ce que tu viens de me montrer, ce que Nyfia a caché à Tekoya... Cessez de me faire rire ! Ce n’est pas une libération que vous souhaitez, mais une destruction totale de toutes les Étoiles !

L’aura de Wazya explosa, brutale, incontrôlée. Les Étoiles, prises de panique, fuirent avec le même instinct. Elles savaient. Elles avaient reconnu ce seuil qu’il ne fallait plus franchir.

— Rien ne l’effacera ! Rien ne pourra jamais arracher de moi la haine que je te porte ! Yaelys Kaisen était celui qui devait tous nous sauver. Lui ! Et toi… toi, tu n’aurais jamais dû suivre les traces de ta mère !

Ayako se redressa, droite et calme, tandis que son aura verte vibrait doucement autour d’elle. Plus stable et plus claire. À la manière dont Wazya resserrait son emprise sur Illya, elle comprit que quelque chose venait de céder. La Grande Sœur ne la tuerait pas. Sa colère exigeait pire : prolonger sa souffrance jusqu’à lui faire payer une faute dont elle seule connaissait le véritable sens.

Les mots n’arrêteraient plus rien. Cette discussion venait de prendre fin.

— Alors je te mettrai hors d’état de nuire, Wazya. Ici. Maintenant. Et après toi, ce sera le Cercle. Je tiendrai ma promesse : je le détruirai de mes propres mains ! Il ne restera rien de votre « Guerre des Immémoriaux ». Rien de votre héritage. Rien de votre folie. Tu m’entends ? J’y mettrai fin !

Le sourire de Wazya s’agrandit, glacial.

— Garde ta colère pour ta sœur, ma petite Ayako…

Deux immenses portails déchirèrent simultanément l’espace astral.

Le premier s’ouvrit au loin, près de Syae, qui tentait encore de rassembler ses dernières forces. Le second surgit entre Wazya et Ayako, si brutalement que l’air recula autour d’elles. Ses contours palpitèrent, traversés d’éclats inquiétants, tandis qu’une présence invisible semblait se rapprocher depuis ses profondeurs.

Wazya ne bougea pas. Des larmes, ses premières, s’échappèrent des yeux de la petite fille. Elles coulèrent en de minces filaments dorés sur ses joues, seules traces de douleur sur un visage demeuré parfaitement impassible. Son regard, lui, ne quittait plus Ayako. Ces larmes n’annonçaient aucun renoncement.

— Tu veux me faire entendre raison ? souffla-t-elle. Toi, la rejetée de ton propre Clan… et de ta sœur ? Tu crois vraiment que tes mots auront encore la moindre prise sur moi ?

Sans violence, avec une précision déconcertante, Wazya fit léviter Illya, toujours inconsciente, pour la déposer aux pieds d’Ayako. Son corps, fragile, formait une ligne invisible entre elles deux. Une frontière.

— Que fais-tu ? s’étrangla Ayako. Ne la touche pas. Je te jure que je ne répondrai plus de rien.

Wazya poussa un long soupir, las.

— Illyasviel n’est pas ma cible. C’est Kayla, notre véritable problème. Dis-moi… Qui t’a menée sur la Voie du Néant ? Qui t’a éloignée de ton Syae ? Qui n’a jamais cherché à te comprendre, préférant briller seule dans son propre reflet ?

Son ton restait d’une douceur affreuse. Une logique implacable, nue, glaciale.

— Tu n’as donc rien appris dans cette caverne glacée où tu as vu ta propre essence vaciller ?

Ayako ne put s’empêcher de se remémorer ces images atroces. Wazya n’avait nul besoin de lui parler avec son emprise mentale pour se faire comprendre.

— Et Kamye ? Votre protecteur à toutes les deux ? Avec qui est-il parti ? Une erreur de plus de la part de Kayla l’Élue ?

Le souffle d’Ayako se brisa. Tout en elle se tendit. Le calme apparent de Wazya était pire qu’une attaque frontale.

— Wazya… que cherches-tu ?

La petite fille blonde se contenta de hausser les épaules, les yeux encore brillants de larmes dorées.

— L’heure de ton choix. C’est tout.

Wazya retrouva sa candeur première.

Les Étoiles revinrent à elle, toutes joyeuses. Toutes jubilaient à l’idée du nouveau jeu qu’elle leur proposa avec un sourire ravi. Elle l’intitula, avec le sérieux d’une fillette en robe de dentelles : « La Mélancolie de la petite Ayako »

Une trouvaille géniale, immédiatement saluée par des applaudissements vaporeux et des éclats de rire désarticulés. Les petites silhouettes flottantes s’éparpillèrent dans une euphorie incontrôlable.

Les profondeurs des deux portails s’embrasèrent.

— Kayla ? Ou Syae ?

Wazya désigna le passage ouvert près du Céleste. Déjà, une force invisible soulevait son corps. Syae tenta de s’agripper au sol, mais ses doigts ne rencontrèrent que la cendre de Klopika.

La Première Fille ne montra pas le second portail. Elle n’en avait pas besoin. Ayako savait vers qui il conduisait.

— Deux issues. Deux destins qui n’attendront pas éternellement. Tu as perturbé ma quête, idiote d’Ayako. Je ne fais que te rendre la pareille.

Ayako répondit par une montée d’aura si puissante que l’air lui-même sembla se figer. Cette même aura qui, plus tôt, avait blessé Wazya pour la première fois.

La petite Étoile, qui avait abandonné sa peur à la folie, exulta.

— Et elle ignore toujours la vraie nature de ses pouvoirs… Es-tu sûre de combattre pour le bon camp ?

La Première Fille posa une main sur son visage, taquine, aussitôt imitée par toute sa cour étoilée dans une chorégraphie moqueuse. Un théâtre d’absurde dans un monde qui ne l’était plus depuis longtemps.

— Kayla ? Ou Syae ? reprit-elle, d’une voix douce.

— Tu me demandes… un choix impossible.

Les rires fusèrent. Les Étoiles roulèrent de joie, se répandant en vagues sonores. Certaines chantaient déjà les deux noms, les alternant au rythme d’une comptine désarticulée :

— Kayla… ou Syae ? Syae… ou Kayla ?

Wazya claqua des doigts, exigeant le silence.

— Très bien. Puisque tu hésites… je choisirai qui tu perdras en premier.

Wazya leva la main.

— Syae Elsan… Peut-être finiras-tu, toi au moins, par œuvrer pour notre véritable libération.

— Non !

Ayako bondit. Une décharge verte jaillit de ses paumes et frappa le bord du portail. L’espace se plia autour de son attaque, l’engloutissant avant qu’elle ne puisse atteindre Syae.

— Tu croyais vraiment avoir le choix, ma petite Ayako ?

Le passage s’embrasa à nouveau. Le corps du Céleste fut arraché au sol. Ayako tendit la main vers lui, mais leurs doigts ne rencontrèrent que la lumière. Syae disparut dans le portail, qui se referma aussitôt sur son nom. Comme s’il n’avait jamais été là.

— Tu salueras Kayla de ma part, enchaîna Wazya.

Ayako se retourna. L’attraction du second portail la saisit de l’intérieur. Son aura verte explosa, labourant le sol sous ses pieds, mais aucune force ne semblait pouvoir lutter contre cet appel. Elle tenta de rejoindre Illya, qui venait de rouvrir les yeux. La distance se replia brutalement.

Ayako disparut.

Wazya rayonnait. Le rideau venait de tomber sur Ayako exactement comme elle l’avait souhaité.

— Wazya !

Illya s’était redressée. Elle plaquait contre son bras meurtri une poignée de pétales enchantés, déjà flétris par les brûlures stellaires. La douleur brouillait son souffle, mais pas son regard. Elle pointa vers Wazya un doigt tremblant, chargée d’une colère froide.

La Première Fille porta une main à sa poitrine, feignant l’outrage. Les filaments dorés de ses premières larmes brillaient encore sur ses joues.

— Que se passe-t-il, Illyasviel ? N’es-tu point… ravie ?

— Pourquoi ?

Wazya pencha la tête, faussement pensive.

— Pour faire plaisir à tout le monde ? Les sœurs sont enfin réunies. La Prophétie peut se jouer. Nous saurons bientôt qui avait raison… Je n’ai fait qu’accélérer un peu les choses.

— Pas ainsi ! Pourquoi avoir interrompu l’Éclipse ? Pourquoi me laisser ici ? Pourquoi m’avoir gardée en vie ?

Wazya se faufila entre des balises imaginaires, dansant sur la ligne invisible qui séparait encore le sérieux du grotesque. Puis elle s’immobilisa devant Illya. Sans prévenir, elle l’enlaça.

Illya se raidit. Cette étreinte possédait l’apparence de la tendresse, mais la dureté d’une entrave. Wazya la serrait exactement là où les brûlures mordaient sa chair. Sa joue se posa contre la sienne avec une douceur insoutenable.

— Parce que j’aime lorsque tu poses trop de questions, murmura-t-elle. « Choisir, c’est renoncer », n’est-ce pas ? Alors, quel sera ton choix, Illyasviel ?

Ses bras se resserrèrent.

— Savais-tu que tu étais leur dernier lien ? Leur dernier pont ? Que crois-tu qu’il leur arriverait si, cette fois, tu choisissais de renoncer… à toi-même ?

Wazya recula juste assez pour contempler son visage.

— Allez. Réfléchis.

Illya demeura figée. Chaque parole s’enfonçait en elle comme une lame délicate et glaciale. Wazya ne l’avait pas maintenue en vie par faiblesse. Elle voulait qu’elle comprenne. Qu’elle mesure tout ce qui reposait encore sur elle. Qu’elle survive assez longtemps pour sentir ce poids l’écraser. C’était pire que la mort.

— Toi aussi, choisis, souffla Wazya. Toi aussi… renonce.

Elle libéra enfin Illya, puis leva le bras avec une solennité théâtrale. Son doigt se posa dans l’air comme la pointe d’une sentence céleste.

— Illyasviel, je te condamne…

Son sourire s’élargit.

— … à vivre.

Le portail derrière elle se contracta dans un grondement sourd.

— À survivre ici, seule, dans l’attente fébrile du jour où Ayako t’enverra Kayla. Sans savoir ce qu’il restera d’elles lorsqu’elles se retrouveront.

Wazya écarta les bras, radieuse au milieu de ses larmes.

— MA-GNI-FI-QUE, non, petite soeur ?

Son rire éclata dans le silence. Strident. Presque gracieux. Un rire trop immense pour le visage d’enfant qui le portait. La lumière du portail d’Ayako se refermait déjà. Wazya lui fit face, savourant chaque seconde de sa mise en scène. Puis elle s’inclina majestueusement devant ses sœurs, comme une comédienne saluant son public après la dernière représentation. Son regard revint une dernière fois vers Illya. Elle sourit.

Puis elle franchit le seuil.

— Non ! hurla Illya.

Elle s’élança, mais le portail se referma avant qu’elle ne puisse l’atteindre. La lumière se réduisit à une fente aveuglante, puis à un filament, puis à rien.

Le silence retomba sur Klopika.

Illya demeura seule, le bras tendu vers un espace désormais vide. Coupée d’Ayako. Coupée de Syae. Prisonnière d’un monde où même les Étoiles avaient appris à se retourner contre elle.

Les dernières paroles de Wazya continuaient de résonner dans son esprit.

Petite sœur.

Illya ne comprenait toujours pas. Wazya ne l’avait pas épargnée. Elle l’avait condamnée à survivre jusqu’à ce que la vérité vienne la chercher.

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