Nouvelle extinction. Déluge de roches.
Combien d’assauts avait-elle évités ? Faerya avait cessé de les compter. Son esprit, lui, n’en avait oublié aucun.
Le sol sous ses pieds, friable, fuyait sous la cendre. Son corps, déjà harassé, fut projeté en arrière dans un remous sourd, englouti par la bourrasque de poussière et d’éclats. Elle heurta la terre avec la grâce d’un pantin désarticulé. L’impact résonna dans sa cage thoracique. Deux, trois côtes fêlées peut-être. Chaque respiration devenait une lame plantée entre ses flancs. Le monde se mit à tourner. Mais elle tint. Encore.
Elle n’eut même pas le temps de redresser la tête que de nouvelles masses rocheuses lacéraient déjà l’air, prêtes à s’abattre. Les assauts de Sakya n’avaient rien d’un art. Ils n’étaient que de la rage pétrifiée, des montagnes compactées pour écraser sans retenue. Faerya percevait les attaques avant qu’elles ne frappent. Sa clairvoyance, poussée à son paroxysme, lui permettait encore de lire les trajectoires dans la roche, et surtout la rage qui les animait. Elle avait toujours été plus rapide que lui. Plus vive.
Cela ne suffisait plus.
Faerya esquivait encore, oui, mais à quel prix ? Il n’y avait plus d’issues, plus de replis. Les rocs de Sakya fendaient le champ tels des incantations imprégnées de la colère de la terre elle-même. Leur ombre dévorait le ciel Étoilé. Elle, simple flamme battante, n’avait plus la force de résister.
Faerya chancela.
Ses jambes cédaient. Son souffle était scié. Et, pour la première fois depuis le début de leur affrontement, elle sentit la certitude poindre au creux de son ventre. Elle ne tiendrait pas.
Les yeux toujours clos, Faerya sondait le tumulte. Chaque vibration, chaque souffle dans l’air lui dictait la stratégie invisible de son adversaire. Elle n’avait plus besoin de voir pour comprendre. Il lui fallait plus qu’esquiver. Le moment décisif approchait. Rester sur la défensive ne ferait que la précipiter vers l’effondrement.
Faerya devait frapper.
Tout en elle hurlait cependant une vérité que la guerre voulait taire : Sakya n’était pas un ennemi. Il était… l’un des leurs. De leur Clan. De leur histoire. Une part d’elle-même perdue dans l’ombre.
— Reprends-toi, Sakya Qity ! Je sais que tu existes encore ! Laisse-moi te retrouver !
Sa voix fendit l’air, un cri d’âme. Elle s’écrasa contre le silence. Aucune onde, aucun écho. Sakya, impassible, récita déjà une nouvelle incantation, son regard vidé, mécanique. Devant lui, la terre se soulevait avec une docilité glaçante. Des lances de pierre, aiguisées, surgirent semblables à des crocs d’une bête souterraine.
Faerya inspira profondément. C’était l’instant.
Elle s’élança.
Une onde de vent éclata derrière elle, la propulsant avec la légèreté d’un mirage. Elle fendait les courants, fluide et rapide, une feuille dans une rafale bien dirigée. Les roches sifflèrent, ratèrent. Les poings de Sakya frappaient dans le vide avec une brutalité mécanique. Nulle feinte, nulle finesse : seulement la certitude que l’un de ses coups finirait par l’atteindre.
Elle était déjà sur lui.
Ses paumes s’enveloppèrent d’un vent plus dense, comprimé jusqu’à devenir tranchant. Elle frappa son avant-bras. Une première pulsation s’enfonça dans l’armure tellurique. Puis son flanc. Son ventre. Le pli de son genou.
À chaque impact, la roche lui renvoyait une douleur sèche jusque dans les épaules. Faerya continua. Elle ne cherchait ni les os ni les organes, mais les failles invisibles par lesquelles son aura pourrait s’insinuer.
Chaque coup était une supplique incarnée.
— Écoute-moi !
Sakya demeurait inébranlable.
Les mots de Faerya et ses frappes méthodiques glissaient sur lui sans jamais atteindre leur cible véritable. L’aura tellurique qui l’enveloppait était une armure vivante, minérale, trop impénétrable. Chaque coup reçu n’éveillait en lui rien de plus qu’un frisson d’air sur une pierre froide. Elle aurait aussi bien pu se déchaîner en une tempête sans jamais l’effleurer.
Puis vint le revers. Un simple mouvement.
La paume de Sakya percuta son visage. Un seul coup suffit pour balayer sa garde, son équilibre et le fil de ses pensées. Faerya s’effondra au sol dans un nuage de poussière.
Sakya s’avança sans hâte, ses gestes dénués d’émotion. Entre ses mains massives, il convoqua une lame colossale de roche, un fragment de montagne détaché pour tuer. Il leva l’arme au-dessus de sa tête. Aucune haine. Aucun plaisir.
Faerya, au sol, le regard fermé et brûlant malgré le sang qui perlait, refusa le silence.
— Nous faisons partie du même Clan ! Les Qity ont survécu !
Rien. Ni tressaillement ni doute. Le bras restait levé, l’ombre de la lame planant en une sentence céleste.
— Je suis la descendante directe d’Illyasviel !
L’élan de Sakya se figea. Ses doigts se crispèrent sur le manche de pierre. La lourde arme resta suspendue, tremblante d’un battement que lui-même ne comprenait pas. Un murmure ancien venait de se frayer un chemin à travers le roc.
Il recula d’un pas. Puis d'un autre. Une question, étranglée, lourde de poussière et d’oubli.
— La sœur… de Toya ?
Ce n’était plus Faerya qu’il voyait gisant à ses pieds, mais un écho, une silhouette entraperçue au creux d’un souvenir fragmenté. Plus il s’acharnait à recoller les morceaux, plus les réminiscences ensevelies dans son esprit lui échappaient. Chaque fragment arraché à l’oubli réveillait une douleur fulgurante derrière ses tempes. Quelque chose, en lui, refusait ces souvenirs. Quelque chose les broyait avant qu’il puisse les saisir.
— Je ne suis pas la seule à exister à mon époque ! s’écria Faerya, haletante. Nous avons tous été libérés !
Nouvelle extinction. Rochers tranchants.
Une autre lame jaillit, massive, verticale. Faerya roula de justesse, son épaule raclant le sol lacéré tandis que l’arme s’écrasait derrière elle, explosant en un fracas de roche pulvérisée. Sakya ne s’arrêta pas. Il changea de stratégie. Une pulsation tellurique ébranla le sol : il appelait à lui des fragments épars — sables, cailloux, monolithes — qui convergèrent, tourbillonnant, jusqu’à former un astre difforme de pierre au-dessus de sa tête.
Faerya, à genoux, frappa la terre de ses deux paumes. Un mur minéral s’éleva dans une vibration de désespoir. Elle n’avait pas le temps de fuir, pas la force de se relever. Alors, elle fit face.
Sakya hurla. C’était un râle de rage intérieure, une bête torturée par ses propres chaînes. Chaque frappe sur le mur déclenchait une onde sourde dans le sol. Il déversait sa douleur contre elle, non parce qu’elle était l’ennemie, mais parce qu’il ne savait plus qui il était.
— Les Qity n’ont plus lieu d’être ! rugit-il. Ils doivent disparaître !
Faerya tenait bon derrière sa muraille qui craquait, pliait, se fissurait. Puis, dans une dernière détonation, le rempart vola en éclats. Une pluie de poussière et de roches retomba autour de Sakya. Faerya n’y était plus.
Sakya ne la vit pas. Il ne sentit rien.
Jusqu’à ce que ses bras l’encerclent. Faerya venait de surgir dans son dos. Accrochée à lui comme si cette étreinte pouvait encore le retenir parmi les siens, ignorant la douleur qui lacérait ses côtes, elle hurla encore pour le réveiller.
— Sakya ! Tu n’es pas devenu le Céleste des Qity par hasard ! Tu es le protecteur de notre Clan !
Ses mots vibraient contre sa nuque. Ils cherchaient la faille. Ils frappaient là où la pierre n’était plus que cendre. Hélas, la colère le dévora de nouveau.
Sakya l’empoigna brutalement, arracha les bras de Faerya à son corps comme on déchirait un songe, et la projeta violemment en avant. Elle heurta le sol, le souffle coupé. Il la fixa ensuite, les traits distordus par la fureur, par un rejet viscéral. Il jeta sa massue au sol dans un grondement oppressant. Il s’avança. Pas à pas, sa présence écrasa l’espace qui les séparait.
— Je suis le Céleste de Wazya ! hurla-t-il. Ne me rabaisse pas au rang de ceux qui ont disparu !
Nouvelle extinction. Multiples impacts rocheux.
Faerya se redressa dans un court souffle, encore portée par les dernières traces d’une énergie déjà épuisée. Elle frappa le sol du plat de sa main, invoquant une spirale de vent qui se tordit sous elle. Dans une gerbe d’air, elle s’éleva, portée par des tourbillons.
Là-haut, elle osa percevoir son regard. Ce qu’elle y lut l’atterra : Sakya était convaincu qu’elle ne pourrait plus échapper à son courroux. Peut-être avait-il raison.
— Non ! hurla-t-elle. Tu es la preuve que les Qity peuvent encore être bénis par les Étoiles ! Tu es l’espoir qu’il nous reste, Sakya ! L’ultime éclat de notre nom oublié !
Ses mots brisèrent le silence imposé par la poussière de roches. Sakya hésita. Son attaque ne vint pas. Il demeura figé, le souffle haché, ses mains toujours tendues vers une magie qu’il ne libérait pas.
Faerya, prudente, descendit lentement. Ses pieds effleurèrent le sol. Elle scruta son adversaire, ce frère d’un autre temps, dont les traits tordus par la fureur se fissuraient.
— Que sais-tu vraiment de Toya ?
— Il m’a appris mes premiers sorts, murmura-t-elle. Toya me répétait toujours que vivre en tant que Qity, ce n’était pas juste une question de choix, comme le pensait ma grand-mère. Pour lui, le vrai combat, c’était de briser…
— … les fils de notre destin, compléta Sakya.
Les mots franchirent ses lèvres avant qu’il puisse les retenir. Autour de lui, les rochers suspendus vacillèrent. Certains chutèrent lourdement ; d’autres demeurèrent en lévitation, parcourus de secousses, comme si deux volontés contraires se disputaient encore leur chute.
Sakya porta une main à sa tempe. Son aura ne disparut pas. Elle se fissura. Pour la première fois, Faerya ne vit plus seulement un adversaire devant elle. Elle vit un prisonnier lutter derrière ses propres yeux.
— Montre-moi, souffla-t-il. Tu as hérité de son regard, n’est-ce pas ?
Le piège était évident, mais la requête sonnait juste. Derrière cette question se terrait la peur d’une réalité qu’il s’était efforcé d’oublier.
Faerya leva doucement une main. Une lueur verte s’échappa de sa peau, irradiant son visage. Le sceau sur ses paupières, ce symbole d’un regard qu’elle s’était elle-même refusé, se mit à vibrer.
Des éclats de lumière jaillirent dans un bruissement cristallin. Ils voltigèrent autour de Faerya comme les derniers fragments d’un serment, puis s’évanouirent sous la pluie de cendre. Lentement, elle ouvrit les yeux.
Deux iris d’un bleu saphir apparurent sous le sceau brisé. Leur clarté atteignit Sakya avec plus de justesse qu’aucun de ses coups.
Il se vit dans ce regard.
Des larmes glissèrent sur les joues pâles de Faerya, sans bruit. Elles traçaient des sillons de lumière. Elle porta une main tremblante à son visage pour protéger ce don sacré qu’étaient ses yeux.
— Je suis Faerya Qity, fille d’Aphylla Qity.
Ce nom — Aphylla — transperça les ténèbres de son esprit. Il le connaissait.
— Aphylla… souffla Sakya. C’était le nom que Toya avait choisi pour sa fille.
Son regard se perdit dans un passé qu’il croyait détruit.
— Il n’a jamais pu le lui donner.
— Alors, sa sœur l’a transmis à sa propre fille, répondit Faerya. Ma mère.
Sakya détourna les yeux. Toya reparut dans sa mémoire comme une blessure jamais refermée. Ses genoux heurtèrent la cendre.
— Pardonne-moi, Faerya.
Ses mains s’enfoncèrent dans le sol. Durant un instant, son souffle redevint le sien.
Faerya s’approcha d’un pas.
— Ma grand-mère, Illyasviel, a sauvé les Qity. Elle a fait ce que personne ne croyait encore possible : elle a uni les Clans Astraux.
Sakya releva brusquement la tête.
— Uni… les Clans ?
— Elle a initié l’Éclipse pour nous libérer. Et aujourd’hui, c’est à moi de l’achever.
Sa voix vacilla.
— Je ne suis rien sans elle. Mes yeux… Non. Les leurs. Ceux d’Illyasviel, d’Aphylla et de Toya. Ils n’ont jamais cessé de brûler. Je suis leur flamme. L’écho vivant de leur volonté inachevée.
De nouvelles larmes glissèrent sur ses joues.
— Et je ne peux pas… je ne veux pas te perdre, Sakya. Pas à ce jeu de mensonges orchestré par les Étoiles. Regarde-moi. Regarde ce que tu as devant toi. Pas ce qu’on t’a forcé à croire.
Sakya soutint enfin son regard. Derrière la fureur, Faerya retrouva l’homme qu’elle était venue chercher. Un frère d’un autre temps. Un Qity.
Puis son corps se raidit.
Quelque chose remonta dans son aura. Une vague noire, féroce, qui se referma sur les souvenirs à peine retrouvés. Sakya porta les deux mains à sa tête.
— Non…
Il frappa son front contre le sol. Une première secousse traversa la terre.
— Pas encore… Je sais qui je suis.
Une seconde secousse éventra la cendre autour de lui. Les pierres bondirent. Sakya tenta de relever les yeux vers Faerya, mais une rigidité étrangère venait déjà de saisir ses traits.
— Je suis…
Sa voix se brisa.
Ses poings frappèrent encore. Sa tête. Le sol. Le monde. Chaque impact déchaînait une nouvelle secousse, réplique sismique de son esprit en ruine. Il résistait de toutes ses forces à l’ordre qui cherchait à le reprendre. En vain.
Le regard de Sakya s’éteignit. Le dernier éclat de conscience disparut derrière ses pupilles. Son âme n’avait pas quitté son corps : elle venait d’être repoussée au plus profond de lui, murée derrière l’ordre de Wazya.
Lorsqu’il se redressa, Sakya n’était plus maître de ses gestes. Une décharge anarchique jaillit de son aura. Les pierres furent arrachées du sol et se mirent à tournoyer autour de lui. La magie tellurique n’avait plus rien d’une protection : elle se propageait comme un séisme affamé.
— Les Qity doivent être anéantis ! Ordre de Wazya. Aucun héritage.
Son regard mort se posa sur les yeux de Faerya.
— Illyasviel n’aurait jamais dû être épargnée.
La voix de Sakya n’avait plus d’intonation. Les mots ne semblaient même plus lui appartenir. Il était le glaive de pierre. L’exécuteur de roche. L’instrument inébranlable d’un dogme.
Faerya, elle, ne bougea pas. Les mots… étaient devenus inutiles dans cette cérémonie d’extinction. Elle releva les yeux. Son regard traversa l’ombre de Sakya pour chercher plus haut. La voûte céleste. Son dernier espoir. Elle y vit les Étoiles, immobiles, distantes, figées par l’horreur de ce qu’elles contemplaient. Puis…
La pluie tomba.
Douce, silencieuse, elle mêla ses gouttes aux larmes qui coulaient sur les joues de Faerya. Une averse sans colère, comme si le ciel acceptait enfin de pleurer à sa place. C’était le dernier refuge qu’il lui restait.
Nouvelle extinction. Strangulation.
Sakya n’était plus là. Faerya n’eut pas le temps d'esquisser un mouvement. À peine le temps de comprendre. Il était déjà dans son dos. Sa main surgit pour se refermer autour de sa gorge. Soudain, elle quitta le sol.
Suspendue, le corps tremblant, elle vit son visage aligné au sien. Dans les yeux morts de Sakya, elle ne reconnut plus qu’un titan devenu l’outil d’une Étoile qui ne pardonnait pas.
La pluie changea de couleur. Du bleu céleste au gris cendre. Le deuil tomba avec elle.
Sakya ne pensait plus. Lentement, ses doigts se resserraient autour de son cou. La douleur irradiait. Faerya n’opposa aucune résistance. Son corps n’en avait plus la force. Toute l’essence qui lui restait s’était réfugiée dans la pluie.
— Sakya… Qity…
Le temps suspendit son cours. Autour d’eux, chaque goutte s’immobilisa. Des milliers de perles de verre retenues dans le ciel.
Faerya remua faiblement les lèvres.
— Si je n’arrive plus… à te parler… alors les Étoiles… le feront pour moi.
Les gouttes s’allongèrent. Leurs pointes se tournèrent vers la terre. La pluie était devenue une armée de lames. Faerya abandonna son destin aux Étoiles. Les cieux hurlèrent.
La première lame traversa l’épaule de Sakya. Une deuxième ouvrit la joue de Faerya. Puis la pluie entière s’abattit. L’eau aiguisée les enferma dans la même exécution. Chaque impact arrachait un éclat à l’armure tellurique de Sakya. Les lames déviées par la roche ricochaient contre la chair nue de Faerya. Elle ne tenta pas de se protéger. En abandonnant son destin aux Étoiles, elle avait accepté de partager le supplice de Sakya.
Bientôt, la pluie sacrificielle ne sut plus lequel des deux elle cherchait à sauver.
Faerya était livrée à son propre sort. Sa magie, déchaînée dans l’ultime sursaut de sa foi, ne l’avait pas épargnée. Quand les violentes vagues de douleur revinrent, quand son souffle devint plus lourd, elle ferma les yeux. Une image s’offrit à elle. Un éclat de lumière dans la nuit éternelle. Un nom qu’elle refusa d’emporter avec elle.
Kayla.
Face à elle, l’armure de Sakya n’était plus qu’une carapace fissurée. Les doigts du Céleste desserrèrent enfin sa gorge. Faerya glissa lentement au sol, dans le sang qui se mêlait à la pluie. Il la regarda sans un mot. Sa toge stellaire pendait en lambeaux ; le tissu astral qui maintenait son essence s’effilochait, déchiré par les suppliques acérées des Étoiles.
Nouvelles extinctions. Pluie de lames tranchantes.
Faerya, elle, ne rouvrit pas les yeux. Son existence s’étiolait en silence. Son corps, ravagé par sa propre offrande, se couvrait peu à peu du linceul pâle de la mort astrale.
Puis…
Un claquement sec déchira l’air.
Un portail s’ouvrit au-dessus de la terre ensanglantée, ses arêtes instables labourant l’espace dans un grésillement familier. Un vortex impossible. Une signature reconnaissable entre mille.
Sirylha.