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♫ La Voix ♫ (1/2)

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Par Syanelys

Illya parcourait sérieusement son livret de règles. Ce jeu mêlant dés et cartes aurait été plus agréable à découvrir dans d’autres circonstances. Pour l’heure, elle devait surtout empêcher les pages de s’envoler dans le corridor d’air qui les emportait entre deux dimensions de Tekoya.

Comment avait-elle pu juger raisonnable de réviser le Klopika pendant une chute libre ?

Sans doute parce qu’elle était la seule du trio capable de considérer une chute interminable comme du temps d’étude disponible.

Elle se tenait droite, ses deux mains crispées sur son manuel, tandis que ses cheveux étaient soumis aux caprices de la gravité et des rafales imprévisibles. Illya s’efforçait coûte que coûte de comprendre les subtilités du jeu de Klopika. Qui d’autre, sinon elle, cette âme acharnée, aurait osé utiliser une chute pour explorer plus profondément les secrets d’un jeu traditionnel si cher aux Étoiles ? Sans doute pas ses deux compagnons, qui profitaient du vol plané pour rire à gorge déployée.

Alors qu’Illya maintenait une position rigide, Ayako et Syae, quant à eux, avaient choisi de s’allonger. Ils s’étaient amusés à surfer sur les courants d’air turbulents, mais l’ennui s’était rapidement installé. Maintenant, ils flottaient comme une immense étoile de mer, leurs corps étendus, leurs bras et jambes écartés. Ils avaient bien sûr invité leur amie à se joindre à eux. Illya avait décliné avec son calme habituel.

La future alchimiste trouvait refuge dans la lecture, laissant ses compagnons profiter de cet instant de légèreté retrouvée. Trop de larmes avaient coulé lors de la première épreuve. L’image de Syae, au bord de l’extinction, ou de la transformation finale d’Ayako, restait gravée dans son esprit. Quelque chose s’était brisé en elle ce jour-là. Depuis, la jeune Qity doutait. Elle, qui se croyait inébranlable, assez forte pour encaisser les coups du destin, continuait de trembler en silence. L’épreuve à venir, elle le pressentait, ne menacerait peut-être pas leurs vies de la même manière. Elle trouverait une autre faille. Et Illya craignait déjà qu’elle ne se niche dans le lien fragile qui l’unissait à l’Élue du Néant.

Entre deux pensées troubles, Illya tournait les pages, perdue, mais résolue. Elle répondait d’un sourire aux clins d’œil d’Ayako qui tourbillonnait auprès de son amour éternel. Syae n’avait d’yeux que pour elle. Le Céleste des Elsan avait revu ses priorités. Il accomplirait les épreuves de l’Éclipse, mais jamais plus au prix d’Ayako. Si la quête exigeait de nouveau son sacrifice, alors ce serait la quête qu’il trahirait. Il n’était pas dupe non plus : quelqu’un s’amusait dans l’ombre à tordre les épreuves « trop faciles » de leur quête.

— Je reconnais ce regard, Aya, dit-il en souriant légèrement.

Ayako s’accrochait maintenant aux bras de Syae. Ses yeux étincelaient d’une malice mêlée à une ardeur joueuse, et elle s’approchait de lui, déterminée à lui voler un autre baiser.

— Il te faudra m’attraper, alors !

D’un souffle à peine perceptible, Syae libéra un fragment de son aura. Profitant sans scrupule de ses dons de Céleste, il échappa à son emprise avec une aisance désarmante. Il lui adressa un petit salut provocateur, puis plongea en piqué dans le vide, filant à l’image d’une comète. Une esquive puérile, certes, mais qui enchanta Ayako. Faussement vexée par cette fuite injuste, elle tourna brièvement la tête vers Illya et, dans un murmure simple et sincère, lui confia un seul mot :

— Merci.

Sans attendre de réponse, Ayako s’élança à son tour, fusant à toute vitesse vers ce bonheur qu’Illya avait su préserver. Face à Illya comme face à Kayla, l’Émissaire du Néant se réfugiait derrière la même pudeur. Promesses, intentions, espoirs : tout butait contre ce mur invisible qui les empêchait de parler les yeux dans les yeux. Ce mot, prononcé à voix basse, toucha Illya en plein cœur.

Leur chute stellaire se prolongea encore un instant, laissant derrière eux des traînées lumineuses dans l’espace. Puis le vent s’interrompit net.

Ils se retrouvèrent suspendus entre ciel et lumière, au milieu d’une averse d’affiches couvertes de slogans en sala et de dessins enfantins aux couleurs vives. Au-delà de ce foisonnement lumineux se dévoilait le hameau de Klopika, fruit de l’imagination des Étoiles.

Baigné par la clarté douce et immuable de la Lune éternelle, le village ressemblait à un dessin d’enfant devenu réel. Il avait été construit par des âmes incapables de choisir entre une cabane, un terrain de jeu et un immense pot de peinture. Certaines maisons, à peine esquissées, semblaient tracées par des mains hésitantes ; d’autres, dessinées avec une assurance débordante, affichaient des proportions défiant toute logique. Des demeures minuscules et éthérées se nichaient ainsi au pied de bâtisses gigantesques, tandis que des maisonnettes rondes s’empilaient de travers, reliées par des passerelles, des filets et des tuyaux multicolores.

Partout, des éclaboussures de peinture magique maculaient les murs et les pavés. Des panneaux gribouillés indiquaient des directions parfaitement inutiles : « Par ici pour aller ailleurs », « Raccourci beaucoup plus long » ou encore « Interdit aux Célestes trop sérieux ».

Les Étoiles endormies y avaient également semé leurs petites inventions : des fontaines qui éclaboussaient ceux qui s’approchaient trop près, des boîtes aux lettres qui recrachaient les courriers en confettis et des moulins à vent qui projetaient des bulles de savon par-dessus les toits. Au centre du village s’étendait une grande place bariolée où l’on dessinait, glissait et se poursuivait à coups de peinture enchantée.

Tout semblait incomplet et désorganisé. Pourtant, ce désordre ne donnait jamais l’impression d’un monde abandonné. Il palpitait d’une joie innocente, comme si chaque imperfection avait été conservée pour raconter l’imagination de l’Étoile qui l’avait créée.

Aucune stupéfaction ne se lisait sur le visage des trois compagnons. Familiers de ces merveilles, ils accueillirent cette étrangeté avec la quiétude de ceux qui avaient déjà contemplé l’impossible et appris à s’y sentir chez eux.

Ils n’eurent cependant pas le temps d’admirer davantage le village.

À peine les eurent-elles aperçus qu’une nuée d’Étoiles rieuses fondit sur eux pour ajouter sa part de joyeux chaos.

L’une d’entre elles déroba sans scrupule le livret de règles qu’Illya tenait encore dans ses mains, tandis qu’une dizaine d’autres s’unirent pour empêcher Ayako de recevoir sa récompense sur les lèvres de Syae. Les rires fusaient et les remarques enfantines pleuvaient. Le tumulte ne cessa pas, même lorsqu’ils posèrent enfin le pied au sol.

— Regardez ! On a de nouveaux joueurs ! lança une Étoile habillée de vêtements absolument impossibles à assortir.

— Mais oui ! C’est la brochette des perdants ! Élue, Sviel et Sya sont dans la place ! enchaîna une autre, dissimulée derrière une des fontaines lumineuses.

— Vous savez quoi ? Ce sont les champions du clan Elsan ! Il faudra les écrabouiller ! cria une Étoile en faisant tournoyer un paquet de cartes devant elle.

— Grande Sœur a dit qu’on devait bien suivre toutes les règles cette fois ! cria une Étoile qui jonglait avec ses dés. Même celles qui font disparaître les perdants !

Une autre Étoile la corrigea aussitôt :

— Mais non, idiote ! Celles-là, c’est seulement à la fin !

— Moi, j'ai peur d’eux parce que je les connais pas ! Alors… devenons amis pendant une partie ! conclut une dernière, en tirant doucement sur la robe d’Illya.

Au milieu du joyeux tumulte, une Étoile demanda qu’on lui fasse de la place. Recouverte de petits papiers blancs collés sur elle comme autant de décorations improvisées, elle s’avança d’un pas solennel. Après avoir arraché l’un des papiers dans un petit cri aigu, elle le brandit fièrement devant les étrangers.

— Très bien, très bien. Grande Sœur nous avait dit d’attendre avant de recommencer. Je suis… euh…

Un silence embarrassé s’installa. L’Étoile jeta un regard inquiet à ses camarades, gênée par cette étrange tradition de se choisir un prénom pour se faire connaître. Des chuchotements émergèrent, rapidement submergés par un torrent d’agitation. Chaque Étoile désirait proposer un nom, chacune cherchant à mettre en avant sa découverte. Certaines se précipitèrent les unes sur les autres pour défendre leur proposition. D’autres, bien décidées à imposer la leur en toute discrétion, glissèrent en dessous de l’amas éthéré qu’elles formaient.

Finalement, l’agitation retomba jusqu’à atteindre ce que les Étoiles considéraient comme du calme.

— Après concertation express, annonça l’Étoile en bombant un torse imaginé, nous avons choisi mon nom parfaitement adapté à votre arrivée.

Elle prit une inspiration dramatique, se racla la gorge, ce qui, dans son cas, produisit une petite mélodie cristalline, puis déclama avec fierté :

— Je suis Ayako. Bienvenue à Klopika ! Le village original du jeu le plus original qui soit : Klopika ! Notre nouveau tournoi interstellaire peut enfin commencer !

Ayako-étoilée détacha un nouveau morceau de papier, libérant au passage une note musicale aiguë.

— Vous avez bien votre matériel de jeu avec vous, n’est-ce pas ?

Illya s’avança calmement, puis ouvrit sa besace, préparée avec soin pour l’occasion. À l’intérieur, un bric-à-brac coloré : des cartes mélangées et des dés aux motifs enfantins, comme des nuages, des soleils et des gouttes de pluie. La fausse Ayako plissa les yeux d’un air faussement sévère.

— Hmm… présentation non conforme.

Sans attendre de protestation, elle invita Illya à s’attabler pour constituer trois paquets de cartes distincts, chacun accompagné d’un assortiment de dés assortis.

— Et que je ne vous y reprenne plus, hein ! Trois participants, trois paquets de cartes, et… euh…

Elle s’interrompit, l’air perplexe, puis se pencha pour écouter un murmure glissé à son oreille.

— Et quatre dés chacun ! Voilà !

Elle redressa fièrement la tête, visiblement satisfaite de son autorité fraîchement improvisée.

Puis, se tournant vers le couple resté légèrement en retrait, Ayako-étoilée le contourna en sautillant, les observant sous tous les angles. Le regard d’Ayako, chargé d’une colère froide, lui échappait complètement. Quant aux explications embrouillées de Syae pour expliquer le désordre dans le sac d’Illya, elles lui semblèrent si absurdes qu’elle les écarta aussitôt d’un battement d’aura.

— Pff, tout ça n’a aucun rapport avec la préparation ! déclara-t-elle, catégorique.

Elle se redressa avec autorité.

— Vous deux aussi, que je ne vous y reprenne plus ! C’est un tournoi sérieux ici ! JE suis Ayako, pas toi, là ! Et, toi, le garçon, ne viens pas me dire que tu es un Céleste ! Je n’y crois pas une seconde ! Aucun Céleste ne s’abaisserait à jouer à un jeu pareil !

Quelqu’un lui souffla une information à l’oreille. Elle haussa un sourcil, vexée.

— Comment ça, c’est bien un Céleste ? Ah… c’est embêtant, ça…

Elle agita une main vaporeuse et demanda qu’on lui apporte le registre officiel. Après une inspection minutieuse, du moins, pour ce que pouvait signifier « minutieuse » chez une Étoile, elle grimaça. Entre celle qui cherchait à usurper son identité et l’autre qui avait formé un gouffre cosmique dans son sac, elle s’attendait à des conséquences encore plus graves.

— Très bien, très bien. Je vois !

Ses deux yeux lumineux clignotèrent avec empressement.

— Finale du sept-cent-millions-quatre-vingt-dix-mille-sept-cent-quarante-deuxième tournoi de Klopika ! Sya contre… euh…

Un nouvel attroupement s’agglutina autour d’elle. Nouvelle effervescence, nouvelle cacophonie de noms, de protestations et de suggestions enthousiastes. Quelques jets de dés et quelques chamailleries plus tard, la décision fut rendue :

— Et l’adversaire totalement impossible à deviner de Sya sera… Ayako !

L’Étoile cligna des yeux, confuse.

— Ah mais... c’est moi, ça ! Je dois affronter le Sya ? Mais... je sais même pas comment on y joue, moi, à ce jeu !

Deux petites Étoiles espiègles se précipitèrent, apportant le manuel de règles, qu’elles avaient dérobé à Illya. Cette dernière ouvrit la bouche pour protester. Avant de se raviser.

— Très bien, très bien, reprit l’Étoile. Je sais jouer. C’est parti pour la finale ! Que le Céleste me suive !

Syae n’eut pas le temps de répondre. Illya lui fourra d’office ses cartes et ses dés dans les bras, pendant qu’Ayako déposait un baiser d’encouragement sur sa joue. Avant même qu’il n’ait pu formuler une objection, les deux jeunes femmes le poussèrent doucement vers une petite maison bancale, où l’Étoile déjà s’engouffrait avec fierté. Seuls les deux finalistes avaient le droit d’y entrer.

— Tu ne vas pas me dire que notre deuxième épreuve va se jouer en une seule partie, souffla Illya, les sourcils froncés, en regardant la porte rose et jaune se refermer sur leur ami. On parle quand même d’une épreuve de l’Éclipse, même si on est au beau milieu d’un village d’Étoiles.

— J’ai toute confiance en mon Syae, répondit Ayako avec douceur. Il connaît par cœur tous les grimoires de la Tour et les incantations les plus complexes. Ce jeu, pour lui, ce sera une formalité.

Illya tourna légèrement la tête vers elle, l’ombre d’un sourire aux lèvres.

— Je ne veux pas briser ton enthousiasme, l’amoureuse, mais souviens-toi : c’est encore une de ces épreuves « trop faciles ».

Elle balaya lentement les environs du regard.

— Et puis regarde autour de nous.

Les Étoiles restées auprès d’Illya et d’Ayako ne riaient plus. Leurs traits, soudain graves, avaient perdu toute espièglerie. Autour des deux jeunes filles, des tables et des chaises apparurent en un enchantement, disposées en rangées parfaitement alignées. Chacune était recouverte du tapis de jeu propre au Klopika, brodé de motifs changeants et de symboles étranges. À l’extrémité de chaque table, une liste de noms brillait, annonçant ce qui ressemblait à la première manche… d’un tout nouveau tournoi.

Des dizaines d’Étoiles prirent place en silence, matérialisant leurs cartes et leurs dés d’un simple geste. Le Klopika n’avait soudain plus l’apparence d’un jeu. Dans le silence des Étoiles, chaque table ressemblait à un autel et chaque paquet de cartes à l’instrument d’un rituel oublié. Pour la première fois depuis leur arrivée, quelque chose dans ce village paraissait parfaitement ordonné.

Illya et Ayako furent rapidement interpellées par plusieurs Étoiles, qui les pressèrent de rejoindre leurs places respectives. Devant elles, les listes de duels s’illuminaient en lettres dorées, pailletées, pour désigner les noms des invitées d’honneur. Ceux des Étoiles, eux étaient inscrits en rouge vif, plus austères.

En parcourant la liste, Illya esquissa un sourire amusé, tandis qu’Ayako fronçait les sourcils, furieuse.

Sviel contre Ayako 26

Ayako 14 contre Élue

— Mais c’est une blague ! explosa Ayako. Qui a eu cette idée complètement débile ?

Toutes les Étoiles levèrent la tête en chœur, un sourire revenu sur leurs lèvres brillantes. Dans un bel ensemble, elles répondirent de leur voix chantante :

— C’est Ayako qui a eu l’idée !

Dépitée, Ayako enfouit son visage entre ses mains. Même les paroles réconfortantes d’Illya glissèrent sur elle sans effet. Depuis la Mer des Étoiles, elle avait compris : tant que dureraient les épreuves de l’Éclipse, il lui faudrait composer avec ces innombrables “Ayako”. En cet instant précis, l’envie de jouer s’était évaporée. Elle ramassa mécaniquement ses cartes et ses dés, avançant à pas lents vers sa table. Rien n’avait plus vraiment de sens. La finale avec Syae n’était même pas terminée, et voilà qu’un nouveau tournoi commençait déjà.

Ce fut sa voix qui la tira de ce flou.

— Je compte sur toi, Aya.

Ayako releva la tête. Syae se tenait là, déjà revenu, bras croisés, sourire charmeur, lui lançant son plus beau regard. Un soulagement profond s’empara d’elle. L’absurdité de la situation s’éloigna un instant, dissipée par sa seule présence.

— Alors ? C’était comment ? demanda-t-elle, ravie de pouvoir s’appuyer sur lui. J’espère que tu n’as pas été trop dur avec cette Étoile. C’est un jeu pour enfants, après tout. Même si, je te le rappelle, une victoire se mérite. Je suis très fière de…

— J’ai perdu, la coupa Syae. Je compte vraiment sur toi.

— Comment ça, perdu ?

— J’ai suivi toutes les règles. C’est apparemment pour cela que j’ai perdu.

Ayako resta figée. Une larme de rage faillit perler au coin de son œil. Elle se contenta de se renfrogner, juste à temps pour entendre le rire discret et moqueur d’Illya. Ayako fit mine de rechigner, piquée au vif, au milieu des éclats de rire.

Les Étoiles, elles, exultaient. Voir un Céleste perdre aussi rapidement à leur jeu fétiche était un spectacle rare, un véritable délice. Assister à cette scène de désillusion, entre un Syae confus qui bafouillait des excuses et une Élue accablée, relevait pour elles du plus grand des divertissements.

— Très bien, très bien. Le tournoi peut commencer !

Ayako-étoilée fit apparaître un bout de bois entre ses mains, persuadée que cela rendrait sa voix plus audible.

— Nous avons l’immense plaisir d’accueillir aujourd’hui Élue et Sviel pour la deuxième édition du tournoi mensuel ! Croyez-moi, ce sera un moment inoubliable ! Tout le monde est prêt ?

Illya s’amusa à scander son « oui » en parfaite harmonie avec le chœur enthousiaste des autres participants. Ayako, elle, poussa un soupir accablé en découvrant sa première adversaire : une Étoile qui se présenta, tout sourire, sous le nom d’Ayako 14.

— Très bien, très bien ! Que le tournoi commence ! Qu’il commence vraiment, quoi !

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