side_navigation keyboard_arrow_up

Chapitre 6 : Angoisse et solutions (2/2)

visibility 2
article 3,1k
Par Phémie

Diane, rue de l’Entonnoir

Une heure plus tard, je toque avec appréhension chez ma nouvelle bailleuse. Sans remarquer que je suis accompagnée, Gil s’efface pour me laisser entrer. Mais c’est Anna qui se faufile dans la pièce et nous prends toutes deux de court en se précipitant vers le coin cuisine où Chöy attend la livraison de son repas, mais pas celle d’une balle rebondissante.

– Salut Chöy ! Moi c’est Anna, la fille de Diane. Tu connais le système solaire ?

Anna a déjà dégainé une lampe torche avec laquelle elle révèle sous les yeux émerveillés de l’enfant la transparence insoupçonnée d’une balle bleue marine qu’elle lui a fourré dans la main, et qui recèle miraculeusement tout un système solaire fait de minuscules billes colorées qui dansent ensemble sans jamais se toucher. Chöy s’extasie en lui racontant immédiatement une histoire dont je ne comprends que des bribes, et ma fille rit comme si elle ne s’était pas autant amusée depuis des semaines.

Toujours sur le seuil, je finis par dire à Gil :

– J’avais Anna ce soir alors...

Contemplant, immobile, son fils si vite adopté, elle hausse les épaules et me fait signe d’entrer. J’enjambe les enfants pour aller réchauffer la ratatouille et couper le pain. Le débit de Chöy n’a pas ralenti :

– Et le petit garçon, il fonce sur la lune avec ses coupains pouasson, et il plonge et le nuage il est content. Viens voir dans ma chambre !

Ils disparaissent. Gil, elle, n’a pas bougé.

– Il va être épuisé ce soir, dit-elle.

Alertée par le son étrange de sa voix, je me retourne pour découvrir qu’elle est sous le choc.

– Il ne peut pas continuer à être aussi isolé, concluons-nous presque en cœur.

Et pourtant, nous savons que son état de santé ne lui permet pas de vivre au milieu des autres. La seule différence entre Gil est moi, c’est la culpabilité que je ressens. Car, à la différence de ma collègue, je connais quelqu’un qui pourrait offrir un avenir à cet enfant. Et, depuis la première fois que j’ai vu le sourire de Chöy, je sais que je vais tout faire pour le sauver. Je dois contacter le Dr. Bô. Pour le meilleur ou pour le pire.

Narwam, prison de la Santé

Un soleil blafard se lève sur l’ancienne prison de la Santé. Le coude dans les côtes qui m’a réveillé, c’est celui de Gasby. Il se tortille dans tous les sens pour fuir l’éveil qui le guette, en vain. Il finit par me rejoindre sur le petit banc où j’ai commencé à nourrir Dot en la faisant jouer un peu – je n’ai guère pris le temps de m’occuper d’elle ces derniers jours. Les mains en éventail, je regarde les bonds joyeux du petit poulpe qui passe de doigts en doigts pour récolter son petit déjeuner.

– Alors ? me demande Gasby.

– Maligne, fourbe. Un peu âgée. Très belles jambes. Et toi ?

– Une mordeuse, répond-il en m’exhibant avec un grand sourire son torse légèrement marqué. Assez âgée aussi, une Quatre qui a pas encore eu son troisième enfant, et ça urge un peu pour elle. Je lui ai dit que j’étais partant pour l’aider.

– Tu vas la revoir ?

– Possible. J’ai que deux gosses d’après le dernier rapport.

– Surprenant !

– Ouais, mais la plupart de mes maîtresses veulent pas d’enfants de moi.

– Encore plus surprenant ! je m’exclame avec ironie.

Gasby rigole de bon coeur.

– Tu vois, me dit-il, t’as plus d’humour quand ton cerveau ventral est comblé. Tu devrais baiser plus souvent.

– Hum… tu crois que je devrais sortir la veille de mon contrôle sélectif ? Ça m’aiderais peut-être pour l’épreuve d’humour. Mais j’ai peur que ça impacte mes réflexes.

– Et voilà, le perfectionniste est de retour. Franchement Narwam, tu devrais pas te prendre la tête pour ton numéro. T’as une bonne situation, t’es un programmeur brillant qui bosse sur un projet révolutionnaire, tu peux avoir tout ce que tu veux. Que tu sois trois ou cinq n’y changera rien. Regarde, moi, ça me sert à rien d’être Six, je veux juste profiter de mon célibat encore quelques années, et élever uniquement mes deux derniers gosses.

Pour me venger de ses moqueries quotidiennes, je lui envoie :

– Soit honnête, ton niveau d’IMPEC ne t’accorde la garde que de deux des six enfants que tu peux avoir ; j’ai raison ?

– Ça c’est vache comme remarque. Véridique, mais vache.

On rit un peu, puis il reconnaît :

– Je manque d’implication, de patience et de mansuétude. Le pire, c’est qu’ils m’ont dit que la patience et la mansuétude viendraient sans doute avec le temps. Un moyen habile de dire qu’ils ne me considéreront jamais comme quelqu’un d’impliqué.

– Sois pas triste, je suis sûr que de nombreuses kads te trouvent très impliqué. Et c’était ma dernière vanne sur ta vie sexuelle, allons bosser.

– Tu me brises le cœur ! Narwam des soirées chaudes, reviens ! crie Gasby en tendant le bras vers moi à travers les barreaux de la cellule dans laquelle on a passé la nuit.

Une fête dans l’ancienne prison sap, c’était une idée dingue. Le vieux bâtiment, situé au sud du quartier kad, a été conservé en mémoire des crimes contre l’humanité, mais est à ma connaissance totalement inaccessible au public, entièrement muré et sous surveillance constante de l’Alliance. C’était sans compter sur les plans improbables de Gasby, qui, une fois en haut de la tyrolienne du Montparnasse me donne la première consigne :

– Après le deuxième embranchement, tu ouvres tes ailes de poisson volant pour chopper la bifurcation du haut.

– La bifurc du haut n’est pas choppable. Tous les gosses de la ville ont essayé.

– La bifurc du haut est choppable. Fais ce que je te dis.

On a pris la tyrolienne, on a attrapé la bonne bifurcation, on a atterri dans la cour du bâtiment marron ; des barreaux aux fenêtres, du fil barbelé sur les rebords du toit. On n'était pas dans la réserve tropicale. Une petite trentaine de kads déguisés en oiseaux et en écureuils volants égayaient le paysage, et Gasby m’a fait remarquer l’originalité de nos costumes tandis qu’il m’accompagnait auprès du Maître du Jeu Gardül. Il a pris nos cadenas, un cheveux pour notre ADN, a noté les codes que l’on avait choisis, et nous a demandé le sexe, la race et l’échelle de la personne avec laquelle on souhaitait être enfermés. Mes réponses ont été respectivement : femme, indifférent, pas une Deux. Puis il nous a expliqué les règles très simples, en apparence : nous allions être enfermés à deux dans une seule cellule, deux portes ayant enregistré notre ADN. Une porte pour moi, une pour ma compagne de bagne. Mon cadenas verrouillera la porte de ma partenaire, le sien verrouillera la mienne. Deux possibilité de sorties : soit l’un des deux réussi à berner l’autre et à lui faire avouer son vrai code en lui donnant un faux, parvenant ainsi à sortir le premier et à rejoindre la fête qui nous attend dans la cours d’honneur, à l’est du bâtiment, et à remporter un cadeau spécial ; le second devra attendre une heure seul en cellule. Soit les deux partenaires jouent l’honnêteté et parviennent à sortir simultanément. C’est cette solution que nous avons choisi et réussi à maintenir, après trois longues heures de négociations, d’échec d’entourloupe, d’indices, d’énigmes et de rapprochement physique.

Nous quittons la prison de la Santé grâce à une tyrolienne temporaire après avoir récupéré le cadeau spécial de Gasby : la date et le moyen d’accès à la prochaine soirée du Maître du Jeu Gardül.

– Il n’y a que les gagnants qui ont ces informations. Je suis un des plus vieux joueurs, et je n’ai jamais été mis hors course, se vante-t-il.

Nous marchons jusqu’à la tyrolienne du Montparnasse en nous racontant nos stratagèmes pour faire parler nos compagnes de cellules ou pour leur faire avaler nos mensonges. Je reconnais, surpris, que je me suis beaucoup amusé.

– Je te savais pas amateur de jeux, dis-je.

– Tu le saurais si tu sortais un peu de tes jeux virtuels pour explorer les multiples facettes du jeu à taille réelle ! Les interactions avec les autres personnages sont beaucoup plus élaborées…

– Bien sûr… J’ai cru une seconde que tu t’intéressais à la réflexion et à la stratégie…

Diane, rue de l’Entonnoir

– Bonjour petite luciole, dis-je en me faufilant à quatre pattes dans la chambre de Chöy, sur les coups de cinq heures du matin.

Le petit corps ondule et un pyjama phosphorescent émerge de ses couvertures.

– Bonjour madame chenille, me répond l’enfant.

Mais notre petit rituel matinal est perturbé par l’intrusion d’une troisième voix :

– Bonjour maman, me dit ma fille d’une voix caverneuse.

– Bonjour Anna. Tu as une sale mine, je t’avais dis d’aller dormir confortablement chez Félix.

– Je veux voir comment tu t’occupes de Chöy, rétorque-t-elle. Apprends-moi.

– C’est facile, moi je sais le faire m’occuper de Chöy, parade l’enfant. D’abord, donner à manger à Sim.

– C’est vrai, j’approuve devant l’air surpris d’Anna. On commence par nourrir le boîtier de système immunitaire.

Je m’approche du dispositif – très coûteux – qui combat les germes néfastes expirés par Chöy ou transportés par ses visiteurs.

– Ici, regarde toutes ces indications lumineuses. Tu as toutes les infos dont tu as besoin. Trois barres bleues, tu mets trois cuillères rases de poudre du flacon bleu. Bien, même chose pour celle d’à côté, une barre verte, une cuillère du flacon vert, et ainsi de suite.

Intégré dans la machine, un placard recèle une dizaine de flacons aux noms imprononçables mais aux couleurs tranchées empêchant toutes confusions. Lentement, Anna déverse les nutriments dans le tuyau d’approvisionnement sans quitter l’enfant des yeux et du sourire, alliant sérieux et délicatesse. L’idée me vient qu’elle ferait déjà une mère plus tendre que moi, avec mes quinze années de pratique.

« Comme quoi, la douceur n’est pas une question d’expérience », s’était moquée Judie, qui connaissait mon lourd passé amoureux, après ma première et dernière tentative de massage. « Ne t’en fais pas, je me contenterai très bien de ta précision », m’avait-elle ensuite rassurée.

Je chasse de mes pensées l’image de ma jeune amante ainsi que mon envie soudaine de la voir. Chöy a des yeux cernés et la peau encore plus pâle que la veille. Je l’examine en détaillant chacun de mes gestes à voix haute, reportant les données dans le classeur hebdomadaire glissé sous son matelas.

– Faible tension, bouche sèche. Encore une petite déshydratation !

Anna fonce vers l’évier, contente de pouvoir apporter une réponse au problème. Je suis plus inquiète. Il a entièrement vidé sa bouteille au cours de la nuit. Comme le supposait son médecin, il semble qu’il assimile de plus en plus mal la denrée la plus vitale.

– Comment tu te sens, Chöy ?

– Fatigué. On peut faire la crème d’abord ? C’est fatiguant la gym.

– Bien sûr.

– Est-ce que c’est Anna qui me met la crème ?

Ma fille est de retour auprès de nous, et pendant qu’il boit, nous échangeons un regard affirmatif.

– Si tu veux. Mais c’est moi qui te déshabille.

Je palpe diverses glandes tandis que je le dévêts, révélant son tout petit corps chétif et bosselé. Si ma fille tressaille en découvrant cette structure en fil de fer qui animait le large pyjama, elle n’en laisse rien paraître.

– Et ben, t’en as des jolis grains de beautés ! s’exclame-t-elle.

– Oui ! Autant que d’étoiles dans le ciel. Et là, regad ! Le soleil.

Chöy montre fièrement une tâche de naissance ronde au milieu de son torse.

– Oh, mais tu es un petit univers à toi tout seul, s’extasie Anna.

Je frissonne violemment, sans comprendre pourquoi. Puis, les mots de Chöy que Gil m’a rapportés me reviennent en mémoire : « je vais pas rester ici, le monde va se réveiller et se rendre compte qu’il a rêvé ». Malgré moi, je murmure :

– Tu es le rêve d’un monde devenu réalité, petite luciole.

Anna suspend son massage et me dévisage.

– Désolée. Continue, passe bien sur tout ses membres, plusieurs fois. Je reviens.

De retour dans la pièce principale, je secoue Gil sans ménagement.

Foutu bourrin ! Diane, espèce de brute, on t’a jamais appris à réveiller quelqu’un ?

– Non, mais j’ai réussi quand même. Faut que je te parle d’un truc.

Elle allume sa lampe de chevet et dévisage ma nervosité.

– Je suis prête à te faire un topo sur la santé psychologique de ton fils, dis-je en chuchotant. J’ai eu la confirmation du diagnostic à l’instant. S’il te plaît, écoute moi jusqu’au bout sans désespérer d’accord ? J’ai peut-être une solution.

Désormais entièrement réveillée, Gil s’assoit en tailleurs pour me faire une place face à elle. À voix basse, je lui livre tout ce que je sais :

– Je pense que Chöy n’est ni démotivé, ni déprimé. D’après les informations que j’ai pu recouper à l’aide de tes dossiers, il s’est mis à se comporter différemment et à te dire des choses très dures lorsqu’il a commencé à souffrir de déshydratation. Son médecin lui a demandé de boire plusieurs fois pendant la nuit, et Chöy a non seulement suivi ces instructions, mais est allé jusqu’à remplir secrètement sa bouteille au milieu de la nuit pour la boire une deuxième fois. Il ne voulait plus que tu t’inquiètes en l’auscultant le matin. Il déteste que tu sois triste, il veut te protéger.

– Je ne comprends pas. S’il cherche à me protéger, pourquoi me dit-il des choses affreuses ; tu as vu dans mes notes ? Plusieurs fois, il m’a dit qu’il allait partir, qu’il ne pouvait pas rester avec moi...

– Vous aviez un poisson rouge, l’année dernière.

– Quel rapport ?

– C’était ton poisson rouge, tu l’avais depuis longtemps. Il a du perdre sa couleur ou son appétit, tu as senti qu’il allait mourir. C’était sans doute le seul ami de Chöy, tu as su qu’il allait être très triste, et tu as cherché à le préparer. Que lui as-tu dit ? Qu’il allait partir, qu’il ne pouvait plus rester avec lui ? Qu’il irait le voir dans ses rêves ?

Gil me regarde, la bouche ronde, gobant difficilement le sens de mes mots.

– Tu crois, balbutie-t-elle, tu crois qu’il cherche à me préparer à sa… à sa… C’est improbable, il est si jeune...

– Tu ne peux pas te fier à son âge. Il n’a ni le développement d’un sapiens, ni celui d’un quadra ; imagine plutôt qu’ils se potentialisent mutuellement. Oui, du haut de ses deux ans, il a en quelques sortes compris ce que toi, tu ne peux pas accepter : dans les conditions actuelles, il ne peut pas survivre. Il va falloir tenter autre chose ; j’ai une proposition pour toi, si tu es prête à courir le risque de me suivre dans des sentiers beaucoup plus incertains que ceux qui t’ont menée jusqu’ici.

– Ici ? On est quatre dans douze mètres carrés, je suis ruinée, et Chöy n’a jamais eu aucun espoir sérieux de guérison. Qu’est-ce qui pourrait être pire ?

– Vous pourriez quitter ce monde. Au sens propre du terme.

Gil ne comprend pas tout de suite qu’il s’agit là de ma proposition. J’explique :

– Je connais un médecin spécialiste des croisés. Mais il ne vit pas ici. Je peux être votre passeuse, pour ailleurs.

Elle assimile mes propos quelques secondes, avant de tenter un tir à l’aveugle de questions en rafale :

– Où est cet endroit?

– Je ne sais pas.

– Chöy pourrait y avoir une vie normale ?

– Je ne sais pas.

– Et quel est le prix à payer pour y accéder ?

– J’ai des informations qui peuvent intéresser ce médecin. Concernant un de mes patients. Je ne peux pas t’en dire plus, car je crains qu’il nous écoute en ce moment même. Je vais entrer en contact avec lui, et lui proposer un troc.

Je me tais, étant allé à la limite de ceux que je pouvais lui révéler. Gil m’observe longuement. Elle n’a pas besoin de me dire qu’elle accepte ma proposition, je sais qu’elle ferait tout pour tenter de sauver son fils. Même quitter son travail. Un soupçon de joie semble gagner ses yeux quand elle me dit, d’un ton plus léger :

– Dans quoi es-tu allé tremper, Diane ? Moi qui te prenais pour une fille droite.

Ne ratant jamais une occasion d’ouvrir ma grande bouche, je rétorque :

– Et moi qui te prenait pour une pucelle, t’es pas toute sèche non plus.

Narwam, appartement de la résidence Sytropie

Je rêve de sable que le vent fait entrer de force dans ma bouche sèche, le soleil me brûle mais j’ai froid. J’avance vers des silhouettes floues dans la tempête, plaçant de grands espoirs en elle car je suis à bout de force. J’entends que le vent charrie, outre le sable, un cri aiguë. Ou plutôt, plusieurs cris, comme une complainte violente. Quand je le réalise, la tempête cesse soudainement. Le désert se révèle, brutal, dans toute son immensité, se riant de mes pas négligeables. Les silhouettes sont des arbres. Je suis dans un désert, je suis dans une forêt, je suis dans un cimetière. Les bouches ouvertes des arbres à une seule tête crient, sans fin. Je me bouche les oreilles, je ferme les yeux, inutilement. Lorsque je les ouvre à nouveau, un corps est allongé par terre, recroquevillé. Je cours vers lui, c’est un corps de jeune femme, nue. Je l’appelle, me jette à ses côtés, la secoue, sa tête roule vers moi, et se plantent dans mes yeux ceux de Xylia.

Je ne me rendors pas. L’engourdissement de ma main gauche ressemble de plus en plus à des crampes douloureuses, qui ce soir remontent le long de mon bras. En fermant mes neuras, je retrouve toute ma sérénité, mais dès que j’arrive à m’endormir, mon cerveau ventral reprend ses droits, mes neuras s’ouvrent et les cauchemars recommencent en même temps que la douleur revient. Je n’arrive pas à dormir neuras fermés, c’est impossible. Mardi, je demanderai à la psychologue si elle a une astuce contre ça.

Commentaires

forum Fond et forme exigeant
Seuls les membres peuvent accéder aux commentaires.