Ces petites choses sont aussi douces
Que le vent qui t’enlace
Et l’air fragile
Ces choses immobiles
Dont nos yeux ne perçoivent le mouvement
Le temps passe sur elles en ruisselant
Sur ces choses qu’il efface
Et elles s’effacent, dociles
De la pièce, on ne les a pas entendues partir.
Ces choses
Qu’on nous a pris
Aussi douces qu’une montgolfière le soir
Dans un ciel criblé d’éclats de nuage
Ces choses aussi simples
Que des collines ondulantes
Chatoyantes de feuillages verts
Ce silence percé des bruits de la terre
De l’eau sur les toits, des oiseaux dans les arbres
Des crapauds au-dessus des marres
Ces choses
Dont l’espace est infini
Cet espace qu’on nous a pris
Et qui te manque
Et qui te fait pleurer sous les étoiles
Cachées par les hauts plafonds
Ce temps qui passe et que tu voudrais éternel
Ce temps, tu voudrais qu’il passe
Sans vieillir, sans qu’il t’efface
Ni efface ce qui t’est cher
Ces piliers de poussières
Construits de pensées
Tu voudrais ce que tu n’as pas
Ce présent que t’effleures à peine
Qui s’échappe entre tes doigts
Comme l’eau
Le sable
Les fleurs qui fanent.