Les mouches tournent au milieu de la pièce
Les vitres sont claires, le temps est chaud
Elles volètent, paresseusement dans un ciel blanc
Un temps pétrifié vieux particulaire
Il est si facile de mourir
Si facile de l’oublier
Si facile de regarder les mouches voler
En se disant : mais quelle plaie !
Si facile d’attraper le temps figé
Et de le faire passer entre l’index et le pouce
De penser à ses quatre-vingt ans
Comme s’ils étaient escomptés
Cette vie qui nous laisse seuls
Au milieu d’une nature violente et déchaînée
Nous laisse seuls avec nous-mêmes
Et d’espèces en espèces on se bat
Pour être ces mouches-là
Qui battent des ailes sous l’abat-jour
De cette ampoule éteinte et dansent
Toujours sur ce même thème d’avant en arrière
Sur cette brise de chaleur lourde.