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28 - Neiges

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Par Lily

Cazelain broyait le plancher de ma chambre dans de courts allers-retours pour contenir son agacement. Devais-je m’en vouloir ? Non. Au fond, qu’y avait-il de grave ? Mais peut-être comprenais-je sa réaction…

Nous étions au sixième jour. Eryn m’avait envoyé une nouvelle invitation ; la Reine s’était prise d’envie d’organiser un bal. Et dans son infinie générosité, elle me réservait l’honneur de la première danse avec la cavalière ou le cavalier de mon choix.

Durant ma convalescence, Dana avait mémorisé diverses cartes du Palais qu’elle s’était procurées en amadouant je-ne-sais-qui je-ne-sais-comment. Elle s’était empressée de sillonner les lieux qui lui étaient accessibles en quête de mon tuteur de Loup. Celui-ci avait pénétré pour la première fois dans mes modestes quartiers muni d’un gramophone. L’objet, antique à mes yeux, rutilait sous son bois verni et son cuivre poli ; le pavillon me semblait petit comparé à ceux de chez moi et le disque installé sous le bras articulé était d’un blanc laiteux et d’une texture rappelant la gomme. Cazelain qui ne s’était pas une seule fois déplacé jusqu’à mon chevet s’était à peine excusé de s’être contenté de prendre de mes nouvelles auprès de ma Compagne. Il avait installé le gramophone sur un coffre poussé sous l’unique fenêtre avant de décréter qu’il serait mon cavalier et que nous donnerions corps à un torrent ; une danse à deux alliant grâce et lenteur… dans une relative simplicité…. Son enthousiasme s’était vite dégradé.

Il n’y a que dans ma tête que je sais danser. Voilà. Je ne le fais pas exprès, c’est juste un fait. Qu’il s’en fasse une raison, bouder n’y changera rien.

En l’observant tempêter en silence, je repensais aux bribes de sa vie que j’avais su glaner auprès du personnel du Château Lune ; Clô, Midine et Dana - elle-même renseignée par Tom, le taciturne Compagnon des frères Loup.

Le cadet n’avait pas quatre ans lorsque son père avait mis fin à ses jours - j’en ignorais les raisons. À la suite de ce drame, sa mère, Isaure, avait commencé à s’absenter de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps de ses terres. Elle l’emmenait dans la plupart de ses voyages - elle n’emmenait jamais son ainé, Sieur Wolf. Le jeune Loup avait grandi par intermittence dans la haute société, mais il avait mis du temps à s’y faire une place, plus encore à s’y faire un nom. Son physique avait été un atout, toutefois, dénué de charme, d’intelligence et de persévérance, il n’aurait pu contraindre le Roi de s’aligner aux autres Clans ; le Souverain avait été le dernier à lui céder ses portes. Et Cazelain avait la sagesse de ne pas s’en vanter : il se plaisait à conter que le Roi avait eu raison de réserver son jugement plus longuement que tout autre ; après tout, il était un Loup ; aujourd’hui, son Clan avait tout à prouver ; et le Roi, bien heureusement, prenait ses décisions sans se laisser influencer…

Et moi, après ces années d’effort, je m’apprête à l’éclabousser d’une probable humiliation publique pour une danse ridicule.

Il s’arrêta devant moi, la prunelle furibarde, le cheveu hérissé. Même ainsi, il était plaisant à regarder. Quel corps exaspérant.

— Tu es associée à nous, je ne peux tolérer que tu nourrisses les quolibets de la foule par ta raideur excessive et tes faux-pas. Je ne vois aucune échappatoire qui ne passerait pour une fuite. Je te préviens, nous nous entrainerons sans pause jusqu’à demain soir s’il le faut !

Dans la colère, je retrouvais sa mère dans ses traits.

— Pardonnez-moi, mon Sieur, je n’avais pas imaginé qu’il lui faille maitriser cet art dans l’immédiat…

Dana n’en menait pas large, Cazelain l’ayant sèchement accusée de négligence.

— Tu n’en faisais pas toute une histoire au Bal Royal, marmonnai-je.

Audacieuse que j’étais… Il monta d’un cran dans sa fureur.

— Parce que je savais que tu n’y danserais pas ! Mais je ne sais comment, peut-être parce que tu t’en es sottement ouverte à quelqu’un, quelqu’un a eu vent de tes difficultés à te mouvoir correctement en musique.

Ah… Oui. J’ai fait ça… La veille, entre le corbeau et l’horloge…

Cazelain décrypta mon aveu muet.

— Innocente, fulmina-t-il. Ne vois surtout aucun honneur dans cette invitation, ici plus que n’importe où, on aime se gausser des Loups.

— Si je peux me permettre de partager mon avis, glissa la douce voix de Dana, j’estime que notre Luce a toujours fait de son mieux jusqu’ici et se débrouille plus que bien.

— Pour se faire discrète, oui, grinça Cazelain.

C’en fut trop pour moi. Je dénouai les bras de ma poitrine et serrai les poings :

— Si tu veux que j’apprenne, sois un bon professeur, et cesse de penser que je le fais exprès, je le subis de ne pas être gracieuse, comme tes mots, d’ailleurs.

Il avança d’un pas, me toisant d’un regard acier.

— Occupe-toi de la manivelle, grogna-t-il.

Puis, tendant une main crispée vers Dana, il lui demanda :

— Acceptez-vous d’être ma partenaire pour quelques pas ?

Elle le lui accorda. J’allai docilement remonter le mécanisme du gramophone et les observai, lèvres pincées. Cazelain décolérait par palier. Il ne me regarda pas quand il reprit la parole à mon attention :

— Qu’importe que tu sois ou non gracieuse, apprends ces fichus pas et sache les reproduire. Ce sera déjà pour le mieux.

Je soupirai. La journée serait longue.

— Et pardon pour mon mauvais caractère, marmotta-t-il quand je pris la place de ma Compagne entre ses mains.

Bon. Faute avouée…

****

Dernier jour. Plus que quelques heures avant le bal. Pour m’aérer la tête, j’avais décidé de retourner dans le jardin d’été. Cette fois, sans me faire oppresser par une foule de Dames et leurs questions. Sans Dana qui peaufinait ma tenue du soir et sans Cazelain que je ne pouvais plus encadrer. Seule.

En écrasant les gravillons des chemins, je souris sous ma capeline à large bord, parée de ma nouvelle paire de solaires - délicate monture dorée en quartz fumé.

Les températures chaudes de l’après-midi étaient régulées par un vent frais et marin qui soufflait sans agresser. Le soleil cognait et les fleurs suaient d’irrésistibles parfums dans l’air. Je m’arrêtai sous un massif de jasmin ; l’odeur m’apporta une impression de chez-moi. La sensation fut douce-amer sur ma langue. Je m’éloignai et serpentai jusqu’à rejoindre un chemin qui longeait le bord des falaises. Un muret m’écartait du précipice. La mer était apaisante, j’avançai la nuque tordue ; comment se lasser de la contempler ?

Le Château Royal était bâti sur une avancée rocheuse aux allures de presqu’ile ; j’étais partie de la façade est et voici que l’ouest me retrouvait. Je bifurquai pour rejoindre l’arbre aux souhaits. Cet arbre, le plus ancien du jardin, était lié à une vieille légende qu’Ëreis, la brune aux tresses épaisses qui ne quittait jamais l’ancienne reine Perdelle et sa vieille Compagne, m’avait narrée :

En terres humaines, dans chaque ville et village, existait un lieu dédié à la Nature. Le plus vieil arbre y était désigné comme sacré. On venait lui confier ses doutes et ses joies, ses ambitions et ses malheurs. Ses rêves aussi. On pouvait écrire ces derniers sur un bout de papier qu’on nouait autour d’une branche. L’arbre murmurait ainsi notre vœu jusqu’au Grand Univers ; à lui, dans sa grande sagesse, d’en faire ce qui était juste. Jusqu’au temps où un homme entêté parcourut les Terres Unies pour accrocher son vœu à tous les arbres sacrés. Lorsqu’il s’installa définitivement dans une contrée, il proclama à qui voulait l’entendre que l’Univers l’avait entendu et que son vœu avait été exaucé - bien qu’il ne révéla jamais sa nature à quiconque. Son récit généra des émules : ainsi naquit la quête d’Yverago. Des plaques en métal furent fondues, une pour chaque arbre, désormais associé à une estampille en relief. Muni d’un carnet, l’on pouvait ainsi récolter les empreintes des arbres sacrés que l’on rencontrait, voire tenter la quête d’Yverago afin de les récolter toutes et de voir son vœu se réaliser. Peut-être.

Je voulais revoir l’estampille de l’arbre à vœux du royal jardin d’été : la silhouette d’une plume et l’empreinte d’une patte de loup gravées côte à côte. J’eus la surprise de découvrir Warner, immobile face au large tronc noueux.

— Bonjour.

Mon compatriote sursauta avant de passer deux mains nerveuses sur ses tempes grisées. Venait-il de nouer un vœu sur l’une des basses branches surchargées ?

— Chère Luce ! Heureux de te voir en si bonne forme, je sais que ta convalescence a été longue.

Je le rassurai.

— Je sais d’Eryn que pour toi aussi cela avait été compliqué… Comment vas-tu ? Enfin, tu n’es pas obligé de répondre.

En vérité, j’avais appris que si ses plaies avaient été guéries le jour même, il en avait été tout autre pour son mental. Warner était resté enfermé dans ses quartiers de son propre chef, dans le noir, refusant de manger, se contentant de boire, hurlant sur quiconque essayait d’entrer à part la Reine. D’inquiétantes cernes noires creusaient ses yeux.

— Je vais bien, déclara-t-il. Je reviens de la Guilde d’ébénisterie, je m’y rends parfois, sous les conseils d’Eryn. Raboter, racler et scier du bois me fait un bien fou. Notre Reine est de si excellent conseil, elle est si adorable avec moi.

Il me désigna le sac à ses pieds :

— Je lui ai confectionné une boite à bijoux. Elle en a tant qu’elle ne sait plus où les mettre, rit-il. On dirait une collection de petite fille.

Je souris par politesse.

— Tu sembles fatigué, osai-je exprimer.

Il balaya mon inquiétude de la main.

— Quelques insomnies. Les soigneurs ne cessent de me proposer de nouvelles potions, mais je ne t’apprends pas que tout cela n’est que du charlatanisme. Ils veulent bien faire, mais enfin, ce ne sont pas de vrais médecins.

Il en est encore là…

Pourquoi cette étroitesse d’esprit ? Comment pouvait-il occulter les guérisons accélérées ? Il en avait lui-même bénéficié : il était ressorti de la Porte Bois éraflé, entaillé et bosselé. Je me souvenais même l’avoir vu boiter. Chez nous, il lui aurait fallu bien plus d’une semaine pour s’en remettre.

J’acceptai quand il me proposa de cheminer ensemble vers le Château. Nous revînmes silencieusement vers le muret côtier. Bientôt, nous surplombâmes la Cité Royale : de hautes bâtisses, d’autres écrasées, elles-mêmes adossées à leurs voisines, cherchant à récupérer un peu de superficie par des colombages bariolés, le tout réparti dans un plan quadrillé et symétriques au sein de vestiges en cercles d’anciennes murailles, témoins d’une évolution exponentielle de la Cité.

— Ça rappelle le style médiéval, m’amusai-je. Pourtant, si on compare à notre Moyen Âge, ils sont très avancés dans plein de domaines.

— Analyser ce qui nous arrive et tout ça m’angoisse… S’il te plait, parlons d’autres choses ou ne parlons pas. Eryn me comprend. Je ne sais ce que je ferai sans elle.

Ok… C’est maintenant ou jamais.

— Warner… Que faisais-tu auprès de l’arbre à souhaits ?

J’avais l’instinct que cela n’était pas sans rapport avec ce que je brûlais de lui rendre. Il resta muet.

— Je… je ne sais pas si tu t’en rappelles…, poursuivis-je.

Il  força l’allure.

— … sur la Haute Dune Herbacée…, insistai-je en haussant la voix.

— Non, Luce.

Il s’était arrêté. Je ne voyais que son dos.

— … près du rocher…, continuai-je plus bas.

Ses épaules se contractèrent.

— Silence, ordonna-t-il.

— … tu m’as demandé de garder un nom en mémoire pour toi, m’entêtai-je.

— J’ai dit silence !

Pourquoi cette réticence ? Moi je ne voulais plus de ce fardeau. Il se retourna, l’air fou, les yeux exorbités, et hurla :

— Silence ! Silence ! Silence !

Je ravalai le prénom Emma sans réussir à masquer ma peur. Soudain, il se ratatina sur lui-même.

— Tu… tu es particulière, marmonna-t-il, le regard fuyant. C’est ce qu’elle ne cesse de répéter… Bien sûr, ce que tu dis n’a aucun sens… Je ne t’en veux pas, tu n’y peux rien, c’est parce que tu es particulière… Ce que tu dis n’a aucun sens…

Il se retourna et me planta sur place, sans un regard en arrière.

Non… Non.

Je fronçai les sourcils.

Non, je… Je suis normale. C’est lui qui… Il a clairement un problème. Un grand grain. Lui. Pas moi.

Je regagnai mes quartiers le moral plombé et le doute dans le ventre. Mais de quoi doutais-je ? De moi ?

— Merdâsserie, qu’on me propose donc de ce fameux rizin local ce soir, je me ferai une joie de le siffler, j’ai besoin de décompresser, et pas qu’un peu. Merde.

Ce n’est pas moi qui perds les pédales.

— Merde, dis-je encore, la rage au cœur.

****

J’ouvris les yeux… pour aussitôt les refermer.

— La bassine est sur ta gauche, souffla Dana en apposant un linge frais sur mon front.

Oh non…

Une goutte roula sous mon oreille, du linge que dans sa hâte ma Compagne avait mal essoré.

Gueule de bois.

Je n’étais pas une personne qu’on pouvait qualifier de festive. Je pouvais compter mes soirées d’ébriété sur les doigts d’une main. Elles s’étaient toutes conclues par une mise au tapis et des trous noirs. C’est pourquoi je buvais toujours avec modération.

Je ravalai une remontée acide en tentant de secouer ma mémoire.

— Combien de verres j’ai bu ? croassai-je.

— Luce, je ne t’ai pas quittée de la soirée, tu n’as bu qu’une unique coupe. Sache que tu n’as rien à te reprocher. Jamais je n’aurais pensé que cela puisse te mettre dans un tel état…

J’agrippai mon estomac en souffrance.

Misère, de quel état parle-t-elle ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

— Lionel m’avait prévenue…, chuchotai-je les yeux fermés.

— Lionel ? Qui est ce Sieur ? s’inquiéta Dana.

Je rampai sur le matelas en quête de fraicheur.

— Lionel Jos, ânonnai-je, le Sieur du livre que j’ai reçu… Il y a écrit que les Étrangers s’accommodent mal de vos alcools.

Je me fichai qu’elle puisse être dérangée par cette référence à mon chez-moi. J’avais trop mal à la tête.

— Dana, gémis-je, je me suis ridiculisée ?

Autant arracher le pansement d’un coup sec.

— Commence par boire ceci.

Elle fit sauter la capsule d’une fiole au liquide ambré. Mon estomac se cambra en guise de protestation.

— C’est adouci aux grains de Mioül, ça apaise le transit. Pour la migraine, je te propose de l’écume de berge coupée à l’eau. Il y aura un léger effet de somnolence mais ta présence n’est requise nulle part, tu peux dormir tranquille tout le jour si tu le souhaites.

— Mais… On rentre aujourd’hui, m’inquiétai-je.

— Et non mon lapin ! s’exclama une voix trop guillerette et beaucoup trop bruyante.

— Sieur Cazelain, vous ne vous êtes pas annoncé, le gronda Dana.

Je refermai les yeux, luttant contre une nouvelle vague acide.

— Dépêche-toi de boire les remèdes que je me suis procurés pour toi, ricana Cazelain, d’autant qu’ils ne sont pas donnés.

Boire la première fiole fut un supplice.

— Luce, je t’offrirai une coupe de rizin à chaque soirée !

Je fusillai des yeux le stupide Loup qui venait de débiter cette absurdité.

— Plus jamais, grognai-je.

Il explosa de rire.

— Pourtant, tu étais à croquer, ma chérie !

Qu’est-ce que c’était que cette façon de m’appeler ?

— Charmeuse et tactile comme je ne t’en pensais pas capable, ronronna-t-il.

Je regardais Dana : ma Compagne évita mon regard. Le sang déserta mes joues.

— Qu’est-ce que j’ai fait ? couinai-je.

— Rien d’autre que te libérer des entraves de ta réserve excessive quand tu es en public.

— Sois explicite, Cazelain ! fulminai-je.

Il ourla ses lèvres de façon indécente.

— Tu étais désirable, Luce. Fraiche et naturelle. Sois en paix, il ne s’est rien passé d’indécent. Tes rires ont dissipé ta maladresse lors du torrent et je t’ai ramenée à ton lit dès que j’ai pu. Demain, nous sommes conviés à une autre soirée, la grande finale du jeu de Go.

— Non, on rentre aujourd’hui.

— Non, insista Cazelain, l’œil amusé, nous prolongeons. Et sache que c’est toi qui t’est extasiée d’assister, je cite, à la finale d’un tournoi de jeu de stratégie où il est merveilleux de constater que le Roi ne fait pas partie des finalistes, preuve qu’en ce royaume, le talent passe avant le statut, même royal.

Je clignai des yeux quelques fois, bouche bée, avant de réagir :

— Je n’ai pas dit ça en public.

Cazelain rit à gorge déployée.

— Oh si, tu l’as dit mon lapin, et devant le Roi.

Une main me tapota l’épaule avec douceur.

— Ne t’inquiète pas, Luce, tu l’as dit avec un tel sérieux que notre Souverain a compris qu’il n’y avait aucune moquerie cachée derrière tes mots.

— J’ai joui cette nuit en repensant à cet instant.

— Sieur Cazelain ! rugit Dana.

Je fermai les yeux en me laissant couler dans mon oreiller.

— Toutefois, mon chaton, il faut me promettre de ne jamais boire d’alcool sans m’en avoir préalablement averti.

Je dévisageai ce Loup psychopathe qui passait de la bêtise au sérieux comme on change de chemise.

— N’aie crainte, ronchonnai-je.

Il décapsula lui-même mon second flacon avant de me le tendre :

— Profite de ce jour de repos pour retrouver ta fraicheur. Demain est un autre jour de fête et d’amusement. Maintenant je te laisse, j’ai un rendez-vous coquin à honorer.

Il me salua d’une courbette assortie d’un clin d’œil. En le regardant quitter ma chambre, une déplaisante pensée me traversa l’esprit…

Qu’ont pu s’imaginer les gens lorsqu’ils m’ont vue repartir à son bras, si tactile et volubile ?

Je fermai les yeux et songeai à ce qu’une personne bienveillante dont j’avais oublié le visage m’avait souvent rappelé :

Ce que pensent les autres leur appartient.

— Je ne boirai plus jamais d’alcool, marmonnai-je en roulant sur le côté.

****

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