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Quatre murs blanc cassé

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article 422
Par Joanne

Je sens les murs se refermer sur moi.

Je sais qu'ils sont quatre et blanc cassé,

Je sais qu'il fait juste un peu chaud dans cette salle —

Pourtant je les sens et je leur dis : je sais que vous êtes là.

Vous êtes noirs de crasse, masse informe qui bouge, qui bourdonne et m’encercle,

Je vous vois vous savez, je sais que vous êtes là,

Je vous vois vous savez, je sais que vous êtes vrais,

Douleur sourde au fond de ma tête,

Et qui dirait que la douleur est fausse ?

Illusion vraie, partez !

– Mais vous vous rapprochez et vous vous rapprochez

Ombre suintant de crasse, de chaleur lourde qui grossit,

Pénètre ma peau par un par un tous ses pores

S’étire en lanières pour être fondue à mon corps,

Aux fils de mon cerveau,

Pour l’étrangler,

Pour l’étouffer

Et pour le pendre,

Je sais que vous êtes là et bloquez mes pensées,

Je sais que vous êtes vrais et que je peux vous vaincre,

Je vous sens, je vous sens, je vous sens, et je me sens si faible —

Donc je ne hurle plus.

Se rappellent-ils comme je me battais ?

Comme j’essayais de dénouer ma tête et d'exister encore dans mon intelligence ?

Ont-ils vu à quel point j'ai perdu contre vous,

Se rappellent-ils comme je pleurais,

Comme je vous hais ?

Partez, je dis, en serrant mes dents blanc cassé comme ces murs.

J’essaye de ne pas vous entendre et à la place j’écoute,

Grésillement des néons-

Grincement des chaises-

Grattement des crayons sur papier-

Et la trotteuse qui tinte en rythme-

grésillements grincement grattement tintement

— Ce sont vos voix qui grésillent et grincent et grattent et tintent vers moi

Et envahissent mes oreilles

pense pense pense pense pense à autre chose

sors sors sors sors de là

Silence !

Stridences.

Et je vous laisse m'enlacer,

M'étouffer,

M'étrangler,

Tordre mon cou,

Ma tête, mon ventre,

Et à quoi bon se battre.

Qui m'aiderait ?

Qui saurait lire mon immobilité ?

Pleure pour qu’ils te voient ! Non, ça serait mentir. J’ai l’habitude des masses informes et sombres et noires de crasse et de la chaleur lourde.

Menteuse.

Menteuse.

Menteuse.

Tu veux attirer l’attention.

Mais les larmes savent qu’on ne les entend pas,

Alors,

Et si je leur disais ?

Mais ils ne comprendront pas, eux,

Ils voient les murs en blanc cassé,

Ils n’entendent que le vent et les voix,

Votre lourdeur stridente est là rien que pour moi.

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