Voilà l’hiver, les duvets sont tombés,
L’oiseau a froid, l’oiseau est déplumé,
Frisson sur son dos sans manteau.
Voilà l’hiver, après lui le printemps,
Après l’hiver, les arbres renaissants,
Retour des fleurs, dégel de l’eau.
Il manque le chant de l’oiseau
Qu’adviendra-t-il des plumes, où voleront leurs mots ?
Elles manquent, ses notes, à l’écho,
Et la cascade pleure en retrouvant son flot.
Mais cessez de pleurer,
Voyez : le vent se lève avec le bruit des vagues,
Les plumes se soulèvent et lentement s’assemblent,
Se font un tout.
Soyez l’une d’entre elle, voyez, elles vous alpaguent,
Elles s’élèvent et s’envolent et la montagne tremble…
Et d’en dessous,
Tout doucement, la forme d’un oiseau se dessine,
Il déplie ses deux ailes, et ses mots : imagine !
L’oiseau n’est jamais mort,
L’oiseau vole encore,
Ses plumes, c’est nous.